Wiener Stadt Bibliothek. 39548 A ■r 'U'\ . _ „ . • v ' • ^ -V • <" ;> i v - j y*Ç ' V A •' V £uc** ATr ;/ -^ ^ - • tf - .' •'. V.N.** W"*. N ' *. ' V-V*-- - *v-v> v 'r % v-s* -V'* ^ A, •* k< \ r -w » *•■ S' -Î* '-Ï f / , - V-V f v* . j-, i ^ - "-^,-1 y - i >v i 4-V i - t- at -$A r-- ' i rf-v^> ■.*>* ^ v. 4 ' w,*■ 4 **?■ ,' c y^-z r ^ ..v 1 - t-^; V' ^ * .v, y * *•£ ' * ■ xÿ; *■ ' < ;> « t*»- R im«ïSB*WH0ll«ra*? l 5' W-V -- ? ?v>. ,'•*' ft£g$ NOUVEAU GUIDE PAR VIENNE. POUR LES ETRANGERS ET LES NATIONALES DE L’AN 1791. O U COURTE DESCRIPTION DK TOUTES LES PARTICULARITES DELA VILLE DE VIENNE, ENTIEREMENT REFAITE ET ENRICHIE AVEC BEAUCOUP 0’ESrAM.m. à VIENNE, CHES IOSEPHE NOBLE De KURZBECK, IMÏR, IMPER. LIBRAIRE KT MARCHAND 1CN GROS. 17 9 *. n .jf.s «T* > Préfacé* Il y a des differentes bonnes descriptions deVienne & de Tes faux- bourgs , qui pourront bien avoir leur mérité quant à 1’ hiltoire & à la Géographie , mais qui, en ayant J jlufieurstomes, ne contenteront pas es etrangers, qui ne veulent voir, & examiner les monumens remarquables d’une villefameufe que des leurs yeux. C’était donc, pour en procurer la notice d’une maniéré facile & qui ne foit pas couteufe, que déjà l’an 1779 lbrtit de mon imprimerie un petit ouvrage fous le titre : Description la plus nouvelle de toutes les particularités de la ville dé Vienne : livre portatif pour les etrangers et les Nationales , En peu dé temps Préfacé. temps tous les Exemplaires An’ent vendus, & il fallut en faire plufieu- res éditions; mais elles n’etaient toutes que très imparfaites. D e- f juis ces éditions on a eu tout le oin de raceuillirles matériaux necefi faires, d’obferver tous le change- mens nombreu ’ fe font faits de feu P Empereur fous le régné Iofephe II., d ’y joindre des aug- mentations, & en peu des mots de refaire cet ouvrage de forte qu’il mérité actuellement d’etre nommé tout un autre- Mais ces changemens, & ces augmentations , ajoutées à cette nouvelle édition, font telles, qu’elles ne pourront pas etre altérées fi tôt ; c’eli pourquoi on y a auflï omifes les chofes , qui fe changent dans une Capitale presque tous lesjoürs, & qui pourroient bientôt rendre ce livre pour la plus grande partie inuûl. C’eft Préfacé. C’efl une entreprife pénible que de raceaiüir dairs un livre toutes les notices, & particularités, qu’un etranger defire à favoir dans une ville, telle que Vienne, d’en donner un récit ponctuel, et précis , de ne'pas oublier quelque choie de necefïaire, de mettre tout à la place qu’il lui faut, pour répondre à l’entier, & d’en choifir le plus digne d’etre noté, fi le livre doit etre utile , & en même temps commode. Au moins on a eu tout le foin, juliement demandé, et pour fatisfai- re le plus fur à ce qu’on exige d’un tel livre portatif, il a été rangé félon le plan de la description de Berlin & de Potsdam, publiée par Monf. Nikolai avec l’approbation commune. Un etranger pourra, ce livre à la mair fe convaincre de la vérité des particularités y obfervées , & en cas que des objets variables, que r que j’ai omis pour cette raifon , T intereflent, il pourra s’en informer bien facilement. Les Profpects de plulteurs objets remarquables n’y font ajoutés que pour en donner quelque idée, fans hauffer le prix de ce livre. q. Vienne le 29. de Septembre 1791. Iofephe Chevalier de Kurzbeck. U h B Le Contenu Chapitre. I. s-1. p. La Situation, l’Enceinte, le Climat. I §• 2. La Ville ......... * Le nombre des battions .... 6 — — des portes ..... 7 — — des places ..... 8 — — des rues. IO — — des maïfons. — — de la population ... il — — des paroiffes. — — des couvens. — — des departemens d’Etat. — — des departemens de juftice. — — des colleges des Etats. Le Magiftrat. L’ Univeriité. Les Gymnafes. L’ecole normale. Les ecoles triviales . . ...» *3 Les*Fabriques, Le L t Continu. / Le nombre des théâtres. — — des caroffes de maître et des caroffes de remife. — — des caroffes de campagne. — — des fiacres. — — des litières. L’ Illumination Les nombre des foires . . . . . T. r 4 15 §• 3 - Charactere des Viennois. §• 4 - Description des édifices les plus célébrés et des Cabinets; de leur e- tat actuel et au dehors et au dedans 19 La Cour impériale; fon origine. Evenemens finguliers, qui s'y fontren- contrés ......... 21 La garde capitale.* . 22 Les gardes de corps et de maifon . 23 La porte du Bourg ...... 24 Le vieux bourg ....... 25 La Cour d’Amelie ...... 26 Le Culte public..27 Les audiences publiques. Le jour de l’an.28 Les fetes des ordres.30 §• 5 . Le Trefor de la Couronne . . . .*31 $. 6. Le Contenu. P. • & 6 ■Cabinet des Antiques , des pierres gravées , des monnoies antiques et modernes., . , 35 §• 7 - Hiftoire naturelle .* 39 , §• 8 . La Sale de Redoute ...... 41 Le Manege impérial. 45 §• 9 - Bibliothèque impériale ..... 44 §. 10. Le grand Arfenal fur le haut pont. 5? L’Arfenal impérial fur le Salzgriefs, proprement dit Arfenal .... 58 L’Arfenal des Bourgeois .... 59 §• il. Le Theatre de la Cour, ou National, et celui de la porte de Carinthie . 61 ' §• 12. L’Univerfité, le? Ecoles publiques, les Academies . . 63 Les Artiftes académiciens, et les instituts ; c’eft à dire L* Le Contenu. P, L’ Academie Reale ...... 7* L’Academie des beaux-Arts . . 72 Les Artiftes academiques ... 74 L’Academie orienté® ..... 8* L’Academie Therefienne .... 83 L’InlHtut pour la formation des mai- treffes d’Ecole.7° L’inftitut des Pauvres ..... 85 Le Lombard ........ 86 La majfon de travail pour les Do- meftiques. Des autres Edifices de magnificence. 87 La Galerie des tableaux dq Prince de Lichte.pft.ein .89 §• J3. Des Eglifes et Couvents remar^ quables.. S. Etienne. S. Pierre.. ... 105 L’Eglife et l’ Abbaye des Ecofiais. 107 L’Eglife de St. Michel , et le College des Barnabites ..... 108 L’ Eglife et le Couvent des Augu- ftins . ... HO L’Eglife et le Couvent des Capucins, avec la fepulture impériale IiJ L’Eglife de la Chancellerie de Guerre fur le Hof.117 L’Eglife et le Couvent des Dominicains •.. . . 118 L’Eglife de 1’ Univerfité .... 119 L’ Le Contenu. P. L’Eglife de St. Jerome, et le Couvent des Cordeliers.120 L' Eglife italienne fur la place des Minorités. L’Eglife de St. Anne. L’ Eglife de St. Rupert .... 121 L’ eglife de l’ordre teutonique. L’ eglife de St. Jean Baptifte . . 122 Les autres eglifes. Les Egliles des Grecs unis & dis - unis.. Les Temples des communautés evan- geliques et reformées. La Synagogue. Les Paroifles de la ville. Les Gouvens dans la ville .... 125 §. 14- Monumens publics les plus remarquables .. 126 La Colonne de bronze fur le Hof. La Colonne du Graben .... 127 La Colonne fur la place du Hohen- markt . 138 Le grand Baffin fur le Neue Markt, 5- 15. Le Commerce . . ...... 139 Les Fabriques. Les Commis. . 135 Les Marchards en gros . . . . 136 La Bourfe ......... 138 La Pofle, C a n t t n u. g. 16. P, Les CafTés ....... . . 14° Les Gazettes. Les Cafinos . . . . ... Les Auberges . . • 143 La Coufumption ..... . . 144 §• J 7- Plufieures autres chofes remarquables , et notices difperfées. Cabinets d’arts privés ..... 146 De la Tolérance . . . . • • . I48 De la liberté. Jours Solennels. 153 Les langues domeftiques des païs héréditaires autrichiens. La Pop!utat T on dans la ville . . . 151 La Population en general. Cha- Le Continu. Chapitre II. Les Fauxbourgs. §. i. P. Lé nombre des fauxbourgs . . . 153 — — des maifons .... 153 — — des paroiffes .... 154 — — 1 des couvents. — — des eglifes. — — des cimetières, La Population. Les foires. s- ». Eglifes et Couvents remarquables. L’Eglife de St. Charles. L’ Eglife de la vifitation de la Vierge Marie . . 156 L* Eglifc des. St. Léopold .... 157 Les autres eglifes. Les Couvents des Religieux et des Religieuies. 158 §• 3 * Palais, Edifices , Jardins remarquables et la Galerie au Brlve- dere 160 Le Le C t n t t n tt. P. Le Belvedere au Rennweg. La Galerie impériale . . . . . i6t Le Palais d’été du Prince de Schwar- zenberg.. 165 Le Jardin et 1 ’ Edifice du Prince de Kaunitz. ......... 166 Le Palais et Jardin du Prince de Lichtenftein. Le Palais du Prince Adam d’Auer- Iperg. 16 / L’Ecurie impériale hors du Bourg- thor. La Favorita ou 1 ’ Ecole des Ingénieurs ..ï6s La Maifon de la fondation Emma- nuelique. Les Cafernes. Les autres Edifices et Jardins . . 169 % 4 < Les Academies * les Ecoles, et les Fardins botaniques. L’Academie militaire Iofephine de Medecine et de Chirurgie , avec F Hôpital. L’ Academie de Loewenburg . . 17* L’ Academie des Ingénieurs. Le Gymnafe et les Ecoles alemardes 175 Le Fârdin botanique. $. 5* £ t C t n t t h H. P. §• 5 * Les Fabriques impériales * . . 174 Celle de Porcelaine. Celle des fufils.176 Les autres fabriques ..... 177 §. 5 . Les Maifons des malades. La Maifon des malades univerfelle. L’Hôpital des foux .18* L’Infirmerie.. . *83 L’ Hôpital des freres de Mifericorde dans la Leopoldftad-t. La maifon des Convalescens . . . 184 L’ Hôpital des Elifabethinnes . . . 185 L’Hôpital des Juifs. L’Hôpital des bétes. La Maifon des Enfans trouvés et des Orphelins.187 §• 7 - Les bains chauds et froids . < . 189 §♦ 8. Des Promenades publiques . . . I9I L’Augarten. La foret de Brigitte.193 Le Prater ♦ . . ..194 §. JO. G o n t e n *. §• 9. Les Théâtres.. . 198 Le Combat des bétes ..... 200 Les Salles à danfer. g. 10. Description des châteaux lmp. hors des lignes.201 Le Chateau de SchKnbrunn. — — de Laxembourg . , . 204 — — de Hetzendorf . . . 205 Des Endroits d’amufement, et châteaux remarquables hors des lignes , près de Vienne. Ebersdorf- Dornbach.206 Les autres endroits 3 il Chapitre I. §• I* La Situation, l’Enceinte, le Climat* I L feroit hoîs de propos d’efsayer ici une longue et pénible discuflion fut l’origine et l’etat primitif de la ville de Vienne, et de recourrir aux temps les plus éloignés et les plus obfcurs , pour conftater l’ancienneté de cètte Capitale, Vienne, fituée fous le 34° de longitude et le 48 0 de latitude, a été la refidence brdinaire des Empereurs depuis Maximilien I,, et a empruntée fon nom de la tiviére de Vienne (Wien ou Vien), la. quelle, après avoir parcourue la plaine entre la ville et les fauxbourgs, tombe dans le Danube près des Megifliers OVeifsgerbet), A La - ( » ) - t La ville , aves fes fortifications régulières , eft au centre de fes faux- { bourgs, à une demie lieue de cette rivière, dont un bras, ou plutôt un canal, paf- > fant du coté du Nord , tout près des ! murailles , donne de grands avantages | au commerce , et eft toujours couvert des grands et petits bateaux. Ce bras fepare la ville du fauxbourg, dit ville de St. Léopold ( Leopoldftadt ) par trois grands ponts de bois, excellement bâtis. Les environs de Vienne amufent j par des beautés variées. Vers le Nord | la vüe donne fur les isles , couvertes de petites forêts delicieufes , et fur le Danube, qui coule en trois bras. De là va la route en Boheme et Moravie. Vers le couchant fe prefente le mont, dit Kahlenberg, couronné de fes édifices, et une fuite des collines enehanteufes fe tournante du coté du Midi. Vers l’orient eft une plaine fertile, à la quelle i la vue à peine pourroit aboutir, C’ est par elle , qu’ on paffe en Hongrie, Le . profpect vers le Midi eft fuperbe , et montre tour à tour des collines, des vallées, 1 - ( 3 ) - lées, des maifons champêtres , des ha» meaux et des prairies ; voilà le chemin pour l’Italie» De la tour de St» Etienne , du Kahlenberg, des maifons du Comte Co- benzel et du Prince Gallizin l’oeil fe promené fur cette enorme etendue des faux- bourgs } et cette malle infinie des édifices» L’enceinte du Danube fous Erd- beer , autour des fauxbourgs jusqu’au Danube près du Lichtenthal fait donc 708O Toifes ( à fix piésj c’eft à dire , plus de deux milles allemandes» Le refie de l’enceinte , qui de l’autre coté ferme la Leopoldftadt , et ce qu’on y compte y avec le Prater , le Stadtgut, et le Tabor eft encore de 6720 Toifes, ou de deux milles allemandes. Au lieu du rempart à dix piès le Danube fait ici la Ligne la plus naturelle. Toute la périphérie de l’enceinte des fauxbourgs eft donc de 13800 Toifes, e’eft à dire, de quatre milles allemandes. A % L’espla — C 4 ) — L'efpianade , ou l’efpace entre la ville et les fauxbourgs eft garnie depuis 1781 de beaucoup des allées de chatai- gners. L’allée principale forme le cercle de la porte de la Douane jusqu’au Neuthorpresqu’à l’entour de toute la ville. Celle eft la plus belle hors du Bourgthor, où elle s’étend du ceutre de la porte en neuf chemins vers tous les fauxbourgs. Les fauxbourgs les plus fains font Mariahülf , Landftrafe, Rennweg, et Alftervorftadt ; ils font elevés; ils jouïf- fent de l’air la plus pure et des vues les plus belles fur les fauxbourgs voifins, qui font litués plus bas. Celui des Me- gifliers et la Roftau pourroient être moins falutaires. En general l’air eft très faine , non obftant la grande multitude des habitans. Il ne faut qu’avifer chaque etranger, et même chaque patriote^ de fe garder contre la pouflière exceiîive, caufée en été dans les fauxbourgs par la viteffe des carofles, en fermant du mouchoir et la bou- -von, * ) vert Q- lyŸaTic/t r *n ''\vV . JZn*ï7 £\*& -* -*-.jzçs£.: ■■"A”''' 's^ÊS& Cfâieru n d -V&71 çVzu/e "4 W*W- ùl;i i'.'^t 1 . Wm ■rvr t*r ' &&&1 æts= : ‘f;- i '5F-;.«.’sy f&ÏÉSÈ'S K?raÆ rsara^. ■f SjÇiïas^ïfrrS? 3-gp; ÿ-ep.end (son ^~UJe-/ht zens *5r-; S vf& V \ \ \ < \ A — C 5 ) — bouche et le nés , et ne pas allant en caroffe ouvert, car le fond de la chauffée étant compofé de grai et de chaux, cette matière ne pourroit avoir dans notre corps que des Suites dangereufes. On a obfervé qu’entre les maladies la phti- fïe eft la dominante , et qu’elle râraaffe chaque année bien des hommes. Sud-oueft , Nord-oueft, et Oueft font les vents dominans ; le Nord-oueft eft rare. L’etat du Baromètre et du Thermomètre s’annonce chaque mois dans les gazettes, félon les obfervations du fameux Aftronome, l’Abbé Hell. Le Climat de Vienne eft trèj variable , l’air eft „ très forte , plutôt feche qu’humide, et prèsque chaque pluie même très paftagère, produit un froid même dans les jours les plus chauds. C* eft pourquoi il faut recommander à quiconque, de s’habiller avec précaution. A 3 $. t. — ( 6 ) — §. IL La Ville. La propre ville de Vienne, qui eft à peu près ronde, a un rempart à dix Battions, que voici: Le Biberbattion. Battion de caftor. Burgbaftion. Elendbaftion. Jacoberbaftion* K'ârnthnerthor- battion. Loewelbaftion. Lorenzerbaftion. Môlkerbaftion. Schottenbaftion. "Wafferkunftba- ftion. *) — de cour* — d’elan. — de SJaques. — de la porte deCarinthie. — r de Lion. — de S.Lorent. — de MSlk. — des Ecoffais. —- de fontaine. Ces Les noms fades et triviaux , dont aussi quelques uns de nos fauxbourgs font parés, de- vroient bien dans nos temps éclairés fe changer en des plus fonores , et fuivant le Sonfeil de Mr. Pezzl (voyès fes excellentes N- SYü.jl. jpanubt du çj^ëfc Ofets süPW^, -#-^- g -ta w i» lm 22ml plaist de iaVille de Vienne w- : m ; Il Mi-mi T / ~ ( 7 ) - • Ces baftions font une promenade, aimée de tous Ieshabitans, étant montés de la ville très commodément , et en quelques minutes, éloignés des ca- roffes, libres de la pouflière , donnant fur les fauxbourgs, qui forment un Amphithéâtre , et toujours frequentes des compagnies clfoifies. Le rempart eft vi- fité pour la pluspart les foirs, ou dans quelques tentes fur la grande place fe vendent des refraichiffemens. On y trouve aufiï tous les foirs un beau con. cert des inftrumens au vent. De ces baftions la périphérie de la ville eft de 2124 toifes. Elle a huit portes , dont on ne peut conter quefix, les deux dernieresn’etant pas d’importance » A4 Le esquilles fur Vienne) en des noms d'une importance hiftorique, comme p. ex. ville de Kaunitz, place de Lacy , rue de Lou- don , comme on vient de commencer par la ville de lofepli , de Léopold , Neu- fiift etc. Le Stubenthor. K'ârnthnerthor. Porte de la Poste. Porte de Carinthie, ou d’Italie. Porte de la cour. Porte des Ecoffais* Porte neuve. Porte ronge, au Bourgthor. Schottenthor. Neuthor. Rothethurm L^üpoldstadt Fifcherthor (Schanzl) Porte des Pécheurs, pifçherthürl Porte petite des Pécheurs. La ville a sept grandes et *douze petites places. Le Hof (la cour) en eft la plus gran-e de; elle eft longue de 71* et large de 52 toifes. La fécondé et la plus agréable eft le Graben ; elle fourmille le long du joue jusqu’ après minuit des hommes et des caroftes. Le foir elle eft deftinée pour la promenade publique, et c’eft alors qu’elle eft le theatre des petits - maîtres. La La troifième place remarquable eft le Hohe Markt (haut marché) avec la colonne de St. lofephe. Ici font les pri- fons publiques, vis à vis desquels on voit la place deftinée pour le pilori. On érigé une efpece d’echaffaut, que 1e criminel monte , pour y faire parade pendant une heure d’une tablette attachée à fa poitrihe. Les autres font le neue Markt (marché neuf, ou marché à farine) — la place de lofephe (Iofephsplatz). — La Freiung, place irrégulière et inégalé. — Le Iu- denplatz (la place des juifs). Le Michaelsplatz (place de St. Michel), le Spitalplatz (place de l’hôpital), font plutôt des rues larges, que des places, et le Stockameifenplatz, ou la foule eft la plus grande, n’en mérité pas le nom. On peut fermer des chaînes tontes ces places et pour la plupart même les grandes rues, ce qui facilite et la réparation du pavé et toute autre, A 5 Le — ( 10 ) — Le pavé de la ville, qui eft très bon, eft des pierres quarrées; celles du tro- toir font encore plus larges. Ce pavé eft toujours très bien confervé, et réparé ; Se même les rues font nettoyées fans ceffe. Le nombre des rues et des ruelles dans la ville eft de 108, dont la rue de Carinthie traverfe toute la ville, du midi vers le nord, de la porte du même nom jusqu’ à la porte rouge. Le nom de chaque rue eft écrit à gros charactéres. Des maîfons il y a 1329, les quelles ont ordinairement 3, 4, à 6 et 9 etages, et les toits des tuiles. Chaque maifon a félon la confcription fon nombre, ce qui eft très commode pour les etrangers. Tous les escaliers font de pierre. Les caves ont bien de fois tant d’etages fou- terrains, qu’au deffus. L’affurance, que donne cette maniéré de bâtir, avec les arrangemens en cas de feu, font ici fu- perflue une caiïïe d’incendie. La - ( n ) - La ville eft'ordinairement divifée en quatre quartiers. Le Stubenviertel. Le Kiirnthnerviertel. , Le Wiedenviertel. Le Schottenviertel- La population de Vienne eft en general de 270000 perfonnes, dont 53000 demeurent dans la ville. Mais les ha- bitans d’une telle ville, que Vienne ne fauroient être déterminés par le dénombrement dans ce continuel flux et reflux des etrangers, et même des habitans» Il y a 9 paroifîes, et outre celles encore 15 eglifes, deux temples des Proteftans, autant des Grecs, et une Synagogue. 11 y a 9 couvents des religieux, et un des religieufes. Des propres Departements d’etat il y a onze. La — Ci») La Chancellerie d’empire, et le con- feil impérial d’empire. La fupreme Chancellerie de cour et d’Etat. Le Confeil d’Etat pour les affaires intérieures. La Chancellerie de Boheme et d’Autriche. La fupreme Chambre des finances et de cour. Le fupreme Departement de jufiice. Le Departement de guerre. La Chancellerie de Hongrie. La Chancellerie de Tranfylyanie. La Chancellerie d’Illyrie. La Chambre des contes. Gouvernement l, Departements de juftice 2, le College des états et le Ma- giflrat. Pour l’éducation d - ( 13 ) - 5 Ecoles triviales. 1 Ecole, pour former des bonnes gouvernantes. I Academie des arts. I Ecole reale de commerce, Des ecoles pour definer. I Academie orientale, i lnftitut pour les fourds et les muets. La ville a a Théâtres. Des fabriques et des boutiques des commis 62. On conte plus de 3000 caroffes de maître, 300 caroffes de remife, 300 caroffes de campagne , et 643 fiacres nombres, qui ne font pas caducs, fa- les, et pourvus des bidets decrepides, tels que ceux de Paris, mais garnis de veloure, touchés du vernis fin, et traînés par un couple de vigoureux chevaux d’Hongrie. Ils font diftribués fur les places, et le refte fe range hors des portes de la ville, jusqu’à la nuit. Le — C 14 > — Le nombre des litières monte a peu- près à go. Elles n’ont point de taxe, et ordinairement on paie dans la ville pour une courfe 24 kr. mais pour ne fe pas expofer aux demandes infatiables, et d’elles, et des fiacres, il faut déterminer le prix avant de monter. Toute l’année la ville et les faux- bourgs font illuminés par 3000 lanternes. Elles ont la forme de poire; leur coté aigu eft en bas, et en haut, elles ont un large couvercle. Le vitre étant toujours foigneufement nettoyé, elles font bien d’effet. Dans la ville on les allume chaque nuit, mais dans les fauxbourgs feulement, en abfence de la lune, et alors tous les grands chemins et tous les trotoirs fur les glacis font illuminés pour la fureté. — Les fauxbourgs forment autour de la ville un amphithéâtre, c’eft pourquoi la vue de cet amphithéâtre illuminé eft excellente, quand de nuit on y promène l’oeil du bord du Fauxbourg Leimgrube, qui eft fttué fur une petite colline. Même les etrangers font d’accord, que — C *5 ) que cet amphithéâtre en feu furpaffe l’iilpmination renommée de Londres. Dans la ville font deux foires, l’une le a de Nov. l'autre le premier lundi après lubilate J chaqune dure 4 Semaines. La plus grande foule fe trouve toujours fur le Kohlmarkt (marché de charbons), le Graben, et le Stockameifen- platz, fur le dernier desquels fe traver- fent les rues des trois portes les plus fréquentées par les quelles le peuple entre des grands fauxbourgs. Cette foule eft, principalement du temps des dites foires 11 immenfe, qu’elle reffemble à une proceflion continuelle. 5- III Charactere des Viennois. Le peuple de cette Capitale eft bon, brave, honnete, liberal, aimable; fen- fible à la mifere des prochains. Son Charactère eft doux, focial, complai-- • fant, - ( 16 ) - fant, et traitable. Les Viennois n’aiment pas de prouver leur civilité par des mots, mais par des actions. Da fa civilité fe déduit fon hofpitalité. La noblélTe elle- mçme eft gentile et affable. Chaque etranger peut fe promettre d’etre bien reçu i mats plufieurs d’eüx leur ont mal recotnpenfé cette noble vertu, et s’en font moqués. Sans doute c’eft bien ingrat, dè jouir de la poîiteffe d’une nation, de s’afcufer de la confidence dome- fiique, de faire l’efpion , et en fuite d’etaler fes ridicules. La bienvivance dominante, qui eft Contée aucharactere national des Viennois, eft certainement plus grande à Londres, et à Paris, qu’à Vienne; il Faut qu’elle régné en toute capitale du premier rang; les rentes importantes, le grand nombre des chemins, pour gagner de l’argent, la profperité en general, et le bon marché autorifent les Viennois h vivre mieux, que des autres, qui ne joüiffent pas de ces avantages. Il y a à Vienne,' à ce qu'on fait, la familles de Prince, dent chacune, pris en ( *7 ) — en diamètre, depenfe par l’année deux cents mille florins, les premières de celles-ci font même circuler trois à fept cents raille. Après les maifons des Princes viennent celles des Comtes, dont le nombre eft beaucoup plus grand, et dont la depenfe annuelle monte à 50 et cent mille florins. Les maifons des banquiers, des agens, et des femblables font egalement la depenfe de IG à 40 mille florins. Si ces grandes maifons voulaient diminuer leur depenfe j l’effet en ferait, que le débit des produits de la nature et de l’art, et par confequence le nombre, et l’induftrie des producteurs fé diminuât de même. Que des effets nui- iibles n’aurait pas cet arrêt de la circulation publique de l’argent, pour l’etat, tel qu’il eft? Qu’eft ce que deviendroit ce monceau de métaux? La Cour et le Public leur ont bien d’obligation, de Ce qu’elles continuent à vivre fur ce pié. Cû B - C 18 ) - Ce ne ferait que menfonge , fi on voulait dire, que la nation foit immodérée en mangeant et buvant. On ne voit jamais des yvrognes enragés, quoique les vins, principalement les petits, que l’homme de la populace boit, foient à très bon marché ; il eft de bonne humeur, quand il elt à table, et n’offenfe perfonne. Un brave homme devroit plutôt fe réjouir* de voir tant des bons hommes contents, et dans la jouiffance tranquille de leur profperité. LesViennois font communément bien rangés, et économes ; les grands biens de la bourgeoilie en font l’epreuve. Un Bourgeois de 30 à 40 mille florins de bien eft quelque chofe d’ordinaire. C’eft vrai , que les Viennois mangent beaucoup de mets, mais les plat* font petits, et les portions , qu’ils en prennent, font médiocres. Leur table fe diftingue plutôt par une delicatefle moderne* que par l’abondance antique. Du nombre de ces plats les voyageurs ont conclus à un appétit extraordinaire, et ont décriés les Viennois comme gourmands. Quoique bien beaucoup d’eux ayent — ( Ip ) “ nyent abufés de leur charactere amîcable; ces Viennois ne ceflent pourtant pas, de rendre aux etrangers, qu’ils connaifient, leur fejour fi agréable que poffible, et aucun d’eux faurait fe plaindre d’un defaut des amufemens et des fetes dans cette ville liberale* On ofe le dire fans fanfaro- nade, et les etrangers le juftifient eux- mêmes , qu’ils partent pour la plupart contre leur gré, après etre devenus plus Intimes avec les plai/irs et le charactere national, et qu’ils continuent quelquefois un quart d’année à prendre congé Non plus on fauroit nier, que bien des Viennois fe font égarés, mais l’ega- rement d’un petit nombre ne fauroit jamais etre la mefure, pour déterminer un charactere national. §• IV. Defcription des édifices les plus célébrés, leur état actuel et au dehors et au dedans. La Cour impériale. Le palais impérial, fitué à l’extre- mité de la ville au Sud-Oue&, eft corail s gofé — ( 20 ) — de plufieurs corps de batimens, con- ftruits en differens fîecles, et par con- fequence plus ou moins vieux. Cette Cour a peu d’apparence, mais la magnificence des appartemens eft impériale. Celui, qu’on nomme la Vieille Cour>' au levant, a été bâti vers le commencement du treizième fiésle par Léopold III. Duc d’Autriche, mort en i2go, et fut confumé en 1275. P ar un grand incendie* Ottocare IL, Roi de Boheme, et alors Duc d’Antriche a commencé à la rétablir, mais fans l’achever; ayant été tué parRudolphe I. dans une bataille en 1274, et vraifemblablement il ne fut achevé qu’après la mort de Rudolphe, arrivée en 1291, par Albert I, fon fils et fon fuc- ceffeur. Sous l’empereur Ferdinand I. cette f efidence s’aggrandit et s’embellit en 1536 et 1552.; l’empereur Léopold commença en 1666. toute la partie méridionale du palais t et la termina. Celle -C«) Celle au couchant a été hatie vers la 4 » du feiziéme fiécle. Elle *ft nommée aujour d'hui la Cour £ Amtlia ; parcequ’elle a été habitée par Ameiîe de Brunswig douairière de Iofephe I» La partie vers le Nord et par confc- quent vers la ville fut erigée en 1728, fous le régné de Empereur Charles VI. Tous ces corps des batimens, qui fe rejoignent* forment un Quarrè-long fur la place de la Cour, longue de 69 toiles fur 34 de large, et éclairée de nuit de *8 lanternes. Dans ce Palais fe font déjà rencontrés les evenemens les plus finguliers et les plus contraftans. En 1463 les bourgeois deVienne, dits Spiefsbürger, afiie- gerent Frédéric I[. dans cette cour, et le forcèrent tant par la faim, qu’il lui aurait fallu mourir, fans un pair de poulets, qu’un etudiant de bon coeur lui apporta fecretement. B 3 En — ( 22 ) — En 1619 un crucifix confola Ferdinand, inquiété par fes Bohemois rebelles et fes autres fujets, avec les paroles latines fuivautes : Ferdinand© , non t* deferam. En 178* le Pape, Pie Brafchi , y logea un mois et demi , et eut c® même Crucifix dans fou Cabinet. En 1706 un lutin fe rompa facuif- fe par une chute, qu’il dut faire par la fenêtre. En combinant ces époques avec no* jours on a bien de quoi s’étonner. Au coté du couchant on voit la gar« de capitale , que tous les jours à onze heures monte une compagnie des Grenadiers , pour occuper les entrées du bourg au dehors et au dedans. La Milice elt fi belle, qu’elle peut etre mife en cotnparaifon avec les principales Gardes des Princes européens. De plus beaux Soldats, que les Grenadiers au^ trichiens, ne iauroient pas être trouvés* Ils UJ ( 83 ) — Ils font grands, forts, et bien nourris et on reconnaît à leur embonpoint leur bon payement, et l’ordre, qui fe tient entre eux. Au fécond pofte ou trouve la Garde du Palais, en Uniforme grife. Elle eft compofée de vieux Soldats mérités, qui font pris de l’armée, pour etre entretenus ici, Le troifiéme pofte a la garde à pié, «u les cent fuîffes. Leur Uniforme eft ecarlat, dont les paremens font de ve- loure noire, garnie de dreffes d’or, Elle confifte de guerriers, accrédités par leur fidelité et leurs mérités. Il leur faut avoir été du moins Sergeants, Le défunt Monarque les a introduit en 1785 ftu lieu de la garde de SuiEfes, Elle a 120 hommes, dont le Capitaine eftFeld- marchal, et qui font payés en officier* fuperieurs. Le dernier pofte ont commun la garde noble hongroife , et la garde allemande des Arciers , dont la dernière a B 4 la — ( H ) — la preeedence, étant la plus ancienne; La phantaiûe ne fauroit pas s’imaginer un corps plus beau, que le premier, principalement, quand il eft mis en Gala. Elle confifte de jeunes hommes fleu- riffans de familles nobles et d’une taille choifie. Ils fervent à cheval ; leur Capitaine eft Feldmarfchal , et les gardes •lies-memes font des officiers de l’armée.. La garde allemande des Arciers reçut à la coronation de S. M. l’empereur Léopold IL à Francfort une nouvelle uniforme de Gala très magnifique. Elle renferme pour la plupart des vieux Officiers , d’un air refpectable. Elle fert à pié; font capitaine eft de même FelcU marchai, Ces deux gardes ont de grandes prérogatives , elles habitent des palais luperbes , et les funérailles d’une Garde font precedeés d’un cheval de victoire; avec un harnois. La porte du Bourg rend la place très fréquentée, principalement le ma» tin — ( 2 5 ) — lirT, quand une grande foule fe hâte des fauxbourgs du Sud-oueft à leurs affaires, dans la ville dont elle retourne le foir. Cette porte donne du coté du midi des fauxbourgs fur cette place, dont le batiment, édifié, à ce qu’on dit, de Léopold, occupe dé te coté tout le long du vieux bourg jufqu’à la cour d’Amélie, Dans cette édifice font les grandes fales, et fut auparavant le logis de leurs Mijeftés, garni et meublé fupe fixement. Du coté du nord de ce coté du bourg eft le grand efcalier de pierre volant, et bâti avec hardieffe félon le deffein de M, Jadot, Le vieux bourg fait à peu près un quarré. 11 a une cour à part , ou fe trouve l’efcalier des Ambaffadeurs , par le quel on monte aux falons, et où on montre les apartemens , fuperbement garnis, que le pape habita pendant fon fejour mal reuffi. Les belles tables dé lapis lazuli , d’ont une vaut ao mille florins, les chandeliers de Criftal, un à 3© mille florins , et le grand trumeau r B 5 le ( 26 ) — le plus grand, qu’on ait vu, et les magnifiques tapis de Gobelins méritent l’at- tention des etrangers. Qui s’attend au pompe afiatique, k la magnificence gothique et à l’or abondant fur les parois, ne fera pas eonten- té, C’efl: de là le jugement des plu- iieurs, qu’au bourg il n’y ait rien de remarquable. Lqjconfervatoire des tapifferies fe trouve au bourg, et renferme des ouvrages des arts les plus rares, La cour d’Amélie forme aufii un quar- ré, qui de même que l’autre a fa cour particulière , aboutiffante d’un coté à la grande place , et de l’autre à celle qui eft vis à vis de la chancellerrie d’Etat. Cette partie du palais, ou fe leva une tour avec un horologe , a depuis peu d’années été rebâtie presqu’à neuf dans fes dedans, ou font aujourd’hui des apartemens diftribués avec goût et magnifiquement décorés, Cett* — ( 27 ) Cette partie du bourg eft maintenant habitée par leurs Majeftés l’Empereur et l’Imperatrice. C’eft là que fa Majefté l’Empereur donne audience publique, trois fois par femaine , dans un propre falon ; les dimanches de 9 jusqu’à il aux Miniftres et a la haute nobleffe; les jeudis de 9 jufqu’à II à la nobleffe, au Militaire, et au Clergé ; les vendredis après midi de 4 jufqu’à. 9 quelque fois à 10 heures à tout le monde. Quelle confolation , d’ofer fe pre« fenter au Monarque feul même dans l’habillement le plus pauvre, et de pouvoir épanouir fon coeur. Combien y a-t-il des palais royaux en Europe , qui font ainfi egalement ouverts au dernier ouvrier, comme au premier gentilhomme, et fans la moindre contrainte d’un cere- moniel oriental ? Pour parvenir plutôt dans le rang, on fe fait noter le jour auparavant par le garde-de-porte fervant. Le bourg a deux chapelles, dont feulement une 'eft deftinée pour le cnlte -'ublic. Celle ci f qui eft au vieux bourg. — ( 28 ) — bourg , et en même temps la paroifTe de la cour, a été erigée par Frédéric III. en l+48> les tableaux des autels à coté font de Titîan, Le crucifix fondu en bronze , fur le maître - autel, eft de Donner. La fécondé, ou la chapelle de chambre, qui aboutit aux apartemens de logis, a été decoreé par Fifcher et Maul- bertfch. Le tableau du maître - autel, un Jofephe mourant, eft de Charles Ma- rati ; les tableaux à coté font de Strudel. Tous les dimanches et jours de fete en y ver leurs Majeftés traverfent, avec leur Famille aügufte , 'vers les onze heures , les deux grandes fMes, pour parvenir au culte dans la grande Chapelle de Cour. L’entrée des antichambres eft ouverte à tout le monde. Le jour de l’an eft le plus follen- nel à Vienne ; il eft le feul j’our de Gala. Pour voir les carnffes, les chevaux, les équipages, et Livrées magnifiques de Vienne, il ne faut'que fe placer ( 29 ) — eer ce j’ouf fur la place de la cour \ pu tout fe concentre. La cour eft alorsft dans fa plus grande fplendeur. Les gar» des de corps et les offices de la couronne fe conduifent à la cour entre 9 et 10 heures dans l’apparat le plus magnifique. La Garde allemande à pié fait le commencement; elle eft fuivie de la Garde noble hongroife à cheval, qui defcend fur la place de la cour, pour être menée par fon Capitaine aux apartemens, où les officiels de la première Garde des Arciers fe font déjà raffemblés. Les Chefs des premiers Offices de Cour et d’Etat leur fuccedent > précédés de tout ce qui appartient à leurs departemens ; le grand Ecuyer, le grand Veneür arrivent à cheval, egalement en pompe, et précédés de leurs Departemens, L’Archeveque Cardinal et Mffrs les Ambaffadeurs font leurs félicitations auprès leurs Majeftés, l’Archiduc François, et le relie de le Famille ; les offices de la couronne, les miniftres, les eonfeil- lers d’etat, leur fuccedent* Envi- — ( 3 ° ) — Environ des onze heures leurs Ma* jeftés fe conduifent, avec l’augufte Famille, à la chambre d’audience , et par les antichambres , dans les quelles les gardes font parade en deux rangs, à la grande Chapelle. Après le culte leursMa- jeftés daignent accepter la reverence des Dames de la grande nobleffe, d’où Elles vont avec l’Archiduc François dans le falon aux miroirs, ou elles dînent, fer- vies par les Minières et par les officiers de la cour extérieure , fous un Baldaquin doré. Durant le diner la chapelle de la chambre impériale fait un excellent concert inftrumental et vocal. Des fetes des ordres il y a trois ; le premier dimanche après St. Emerïque fe tient celle de St. Etienne, Roi d’Hongrie. Ses Majeftés ont table ouverte avec les Grands-croix de cet ordre ; les Commandeurs et les chevaliers dans le falon, y aboutiffant, tous en habit d* ordre. C’effc le 30 du Dec. qu’on célébré la fete de Su André , le Patron de 1 * ordre — ( 3 * ) -* ordre du toifon d’or , et que fa Majefté l’Empereur dine publiquement avec 'es Chevaliers. Us font tous revetus de 1* habit de l'ordre, et des autres infignes. La fete de l’ordre militaire de The- refe fe fait toujours le premier dimanche apres la fete de St. Therefe. Les chevaliers fe prefentent dans leur uniformes de rang. Le Souverain dine publiquement fur les vaifelles d’or, comme à la fete de l’ordre de St. Etienne. S- v. Le Trefor de la Couronne. Le trefor de la couronne confervé dans ce bourg renferme d’immenfes ri- cheifes, et quantité d’objets les plus dignes de l’attention des curieux. Il eft diftribué en galeries et autres pièces, où l’arrangement claffifil de ce qu’il contient eft fait avec beaucoup d’ordre et d’intelligence. Four - ( 32 ) Pour ne pas faire un inventaire des diamans de la couronne, de la grande quantité des jouyeaux de la famille , des vaifelles d’or, des fervices, et des autres pièces très rares de l’antiquité, et des chef - d’oeuvres de nos jours, nous furpaffons les morceaux individuels, parceque chaque defcription n’eit egaleroit pas la beauté. 11 faut, que tout çà foit vu des yeux» On doit feulement remarquer en- tre les diamans de la couronne furtout celui de la Tofcane , ou le dit Florentin. Son fort était lingulier. Un jour il brillait au Diadème de Charles le hardi, Duc de Bourgogne , qui le perdit avec tous fes trefors et fes richefTes a (jranfee dans une bataille. Un Soldat fuiiTe, qui le reçut au pillage du camp, et qui n’etait pas grand connaiffeur des jouailles , le vendit pour 5 fl. à urt bourgeois de Bern , celui ci à un marchand italien pour 120 fl.;- et ainfi fort prix monta continuellement, jusqu’à ce que le Duc de Florence l’acheta , d’où, il fut transporté au trefor de Vienne, ou i — C 33 ) — «a il n*eft pas véral pour an tonnèati d’or. La Garniture de bouton* > raceull- lie par François I., dont chaque bouton eft formé d’un feul,brillant, et un autre grand brillant, acheté parce Monarque à Francfort l’an 1754., mérité l’admiration. Un plat rond, d’une feule Agathe de deux pies , 2 pouces, de diamètre, la quelle participe de la Sardoine , et de l’onyx et qu’on croit unique dans le inonde, Un vafe d'une feule Agathe blanche et brune , qui peut contenir trois pot* mef. de Vienne, La montre à pendule mente principalement l’attention. Elle efk pofé* fur un piedeftal de tortue, avec divers ernemens d’argent en basrelief. EUe joue chaque heure des clochets, après quoi toutes les figures paroiffent avec les très bien faits portraits de l’Empereur François I,, et de FImperatricc C Maris — ( 34 ) — Marie Therefe, qu’une Fama couronne de lauriers, et plufieures autres figures, qui rendent leurs hommages aux deux Majeftés', entre les quelles fe trouve le défunt Landgrave Louis de Heffen, qui a fait prefent à leur$ Majeltés de cette montre. Sous les régnés precedens il y avait aufïï un trefor , dit ecclefiaftique , qui renfermait un grand nombre des Reliques , des ornemens preeieux pour le culte, des autels portatifs , des cadettes pour les reliques, des garnitures etc., tout orné de jouailles et de perles , plufieures Statues d’or, et plus de 8° tableaux d’objets faints, peints par les plus grands et les plus célébrés peintres. Mais tout ce trefor a été difperfé et dif— tribué à des places convenables. Qui fouhaite de voir le trefor, doit ■’addreffer au Treforier et confeiller, M. Dominique de Deldono. 4 , — ( 35 ) — S. VI. Cabinet des Antiques, des pierres gravées, des monnoies antiques et modernes. Nul etranger de goût et de connaif- fances devrait quitter Vienne, fans avoir Va ce cabinet des arts , qui eft un tre- for d’antiquité, 11 eft divifé dans celui des Antiques et celui des monnoies modernes. L’an 1779. ^ es Antiques ont été feparés des modernes , et chacque collection confiée à des Infpections particulières; mais toutes les deux fe gar- 'dent dans le même endroit, divifé en des fales à pars, fur la gallerie du Bourg, dite des Auguftins. Le Directeur des Antiques fait M* l’Abbée Eckhel, qui eft en même temps Profefleur en Numismatique de l’Univer- fité. C’eft par lui que nous avons reçu une defcription precieufe des-toutes les monnoies antiques et des pierres gravées de ce Cabinet, C si L* * Choix des Pierres gravées du Cabinet Impe. rial des Antique, rcprefenlée* en XL. PI*n- - < 3 « ) - L’infpection des monnoies modernes a M. François Neumann, Chanoine de St. Auguftin. Tous ces deux cabinets font ouverts tous les jours aux hommes de qualité, aufli bien etrangers que nationales , aux connaiffeurs , aux hommes des lettres , aux artiftes, et généralement a tout ce qni a de goût et d’éducation. Le Cabinet des Antiques confifte Iment dans la collection des pierres gra- véesjîent dans celle de médaillés antiques. La première excelle parla quantité des fortes differentes des pierres plus qu’aucune aptre ; le grand Camée où l’empereur Augufte eft reprefenté avec f* famille, pafle pour la pièce la plus parfaite en fon genre, La Collection des Médaillés antiques n’ell pas moins conûderable par rap- ches décrites et expliquées par M: l’Abbé* Eckhel Directeur de ce Cabinet , a Vienne 1748. cher Kurubtk fol _ jg «. rapport an nombre, au choix, et à. la ra* reté des pièces dont elle a près d» a2ooo. C’eft l’Empereur Ferdinand I., qui l’an 1557 fit la première collection des Médaillés antiques, augmentée par fes fuccefieurs et enrichie , principalement par Léopold I. , et Charles VI., qui y joignit le Cabinet reçu des Chartreux de Rome , de même que le beau cabinet des Jefuîtes , recueilli à Vienne par le père Granelli, et publié par l’Abbée Eckhel en deux Vol. *) Depuis ce temps y ont été ajoutées, et par achat, et par ordre de feu l’Empereur Jofephe IL les fameufes collections du comte d* .Arîoftï, celle du Prinee Charles de Lorraine, celle d’Ambras au Tyrole, avec plufïeures autres , et un nombre confi- derable des pièces rares, achetées par le Baron d’Herbert à Conftantinople. C 3 L» *) Catalogua Mufei Cap tir pi vindobonenfis nu" morum veterum , difpofuit et deferipüt Jof. Eckhel 1779. - ( 38 ) - Là quantité et la valeur interne des moünoies modernes furpafle encore celle de la collection precedente* Cette collection grande, et auffi utile pour l’hiftoire du moyen Age, et celle des nos jours , eft due à François I. Sans doute elle occupe le premier rang de toutes celles, qu’on trouve en Europe, Elle contient toutes les monnoies du monde dès que les médaillés antiques ont ceffé, c’eft à dire, de l’Empereur Charles le grand jusqu’à nos temps. Elle eft rangée par çlaffes, dans douze grandes armoires , et renferme au moins 32000 pièces en or et en argent. Comme cette collection magnifique eft enrichie continuellement , elle s’augmente tous les jours. Ces deux Cabinets font pourvus outre cà d’une bibliothèque precieufe et choifie, ou on trouve tout ce qui a rapport à la Numismatique antique et moderne , et aux Iciences, qui y font relatives. %. VII. “ ( 39 ) — S* VIL Hiftoire naturelle. Ce Cabinet eft à trouver dans cette même Gallerie des Auguftins. Il eft le plus parfait en Minéraux , productions marines et en coquillage. Outre les collections complettes des Analogues , favoir les productions marines ligneufes, cornées, pierreufes, coraux et Coquillages , on trouve toutes les pétrifications , connues des deux régnés ; en fuite'es Sels, Souffres, Bitumes, Terres, et Productions des Eaux ; et ces collections font chacune enrichie d® pièces à phénomènes (ce qui ne fe trouve nulle part) qui, en montrant la route, que la nature tient dans leur formation, juftifient l’ordre, qui eft obfer- vé dans ce Cabinet, et qui y a été mis avant quelques années par le confeillec de Cour, M. de Born, mort depuis peu. On y voit auflidel’or, du fer, etdufouf- fre pur. C 4 La - ( 40 ) - La formation des pierres y commence au Grain de fable , et continuant par degrés de dureté et d’affinité, va fe terminer au Diamant» La collection des pierreries eft très eomplette. Il y a un Opale, nulle part à trouver dans cette grandeur; pefant 34 Onces. Le Basrelief en Mofaique, plufiéures pièces en Marquetterie de Tof- cane , les perfpectives font admirables , et travaillés auffi élégamment que la plus belle peinture. Un des plus précieux eft le Bouquet en jouailles , reprefentantes les fleurs de leurs couleurs naturelles. Les infectes, y rampans dans leur figure véritable, font pareillement de ces pierres» L’enfemble donne un coup d’ocil «harmant , et reprefente à une fois cette collection precieufe. Ce cabinet eft ouvert au public tous les lundi , avant midi. Le Directeur en eft le Baron de Eaillou, L’ — ( 41 ) — L'Empereur Léopold II., en diffol- vant ce Cabinet de Phyfique, a fait pçé- fent à l’Univerfité et à plufieurs autres Inftituts des inftrumens optiques, di- optriques, catoptriques, électriques, experimental-pbyfiques, et mechaniques, des antlées, des microfcopes, des montres magnétiques, des modèles, des moulins à vent, etc.; maïs les horologes les plus artificielles, comme les tableaux, U fit mettre au cabinet de» trefors. §. vra. Sale de Redoute. C'eft dans une des ailes du Bourg impérial , que fe trouvent les a fales de Redoute, dont l’une eft très grande, et l’autre plus petite. Elles font magnifiques et garnies avec bien de goût ; elles donnent place à plus de 3000 hommes. Du 7 de Ianvier jusqu’au mardi gras elles ne font ouvertes par la femai- ne qu’une feule fois, mais de la Chandeleur tous les dimanches et les jeudis, com- ( 4 * ) — comme de même les trois derniers jours d» Carneval. Ce ne qu'ici , qu’il eft permis, de paraître en mafque. Le goût, de fe diftinguer pas des masques couteu- fes, «fl: tout à fait tombé. On ne fait plus des depenfes pour un badinage , tel que celui-ci. La plûpart des masques font des Dominos, des Calendriers, et des manteaux vénitiens. 11 y en a, qui ne prennent que les habits du jour , en mettant un masque fur le chapeau, pour fatisfaire à la loi, de paraître masqué, au moins dans le fens le plus etendu; comme aufli des femmes entrent en parure ordinaire. Perfonne n’eft, qui porte le masque devant le vifage, loït qu’il ait des raifons particulières de vouloir palfer incognito. Le Nombre de 1500 perfon- nes rend la redoute aufli commode que belle ; mais s’il y en a 3000, on eft fourré, et la foule reflemble à un flux des hommes enchaînés, qui vogue lentement. L’illumination fe fait de plufieures mille bougies , et les deux orcheftres ont plus de cent muficiens. Cet amnfe- ment dui-e de 9 heures du foir jusqu’à 5 du matin. Là -V W I .« i i i i I ,* r ^ : hrn i mvs& sogsaïii î'-'. -ü® :: JÜ c 43 y Là il n’y a point "de distinction des Hommes. L’entrée eft payée par a florins. LëS refraiehiflemeus et ies Soupers font prêts dans les chambres de coté pour des prix fixés. Le Manege impérial. • Celui ci eft à voir à la droite de la. fale de Redoute; la face principale donne fur la place de St. Michel. On le tient pour le plus beau en Europe. Cet édifice eft décoré par une colonade, par des Statues, et d’autres ornemens. En dedans il y a tout autour une Gallerie des pierres, avec une paluftrade de la même matière, portée par 46 colonnes de pierres. Ce Batiment fut fait 1729 par ordre de l’Empereur Charles Vl, félon le deflein du célébré architecte de la Cour, Fifcher d’Erlach. Tous les avant-midis il elt permis f de voir les exercices. Dans ce même édifice on tient le tirage ordinaire de la Lotterie. §. IX. - ( 44 ) — 5. IX. Bibliothèque impériale. L’Architecte de ce monument magnifique a été, comme tout le monde fait, Mr. Fifcher d’Erlach. L’Entrée capitale eft fur la place de Iofephe ; une autre eft dans le bourg, mais deftinée exelu- fivement pour la cour. — De ce coté elle prefente une très belle façade, qut a un Dôme dans l'on milieu: Minerve y eft afilsfe dans un char de Triomphe, attelé de quatre chevaux de front, couverts de bouffes, a l’Antique, de Bronze doré, qui renverfent et foulent aux piés l’Envie, et l’Ignorance perfonilîées; fur le coté font un Atlas, portant le globe celefte ; deux ftatues, qui repréfentent l’Aftronomie, la Déeffe de la terre, ou Tellus, foutenant le globe terreftre , et deux autres ftatues , qui repréfentent la Geometrïe. Les deux Globes font d* bronze doré. On y monte par un grand efcalier, dont les murs font ornés de plulieurs huiles, JïWïr, Niniri|L‘L“j liinniliiniit -&*■% ■■ i nimu i I lunmip à Jpiszjrstu/e p'jjT — ( 45 ) fies, et incruftés de beaucoup d’în- fcriptions antiques. On ne fauroit pas donner une defcription de l’mpreliion grande et frappante, que l’on fent à l’entrée de cette fale, longue de 240 piés et large de 54, dont les plafonds font en partie foutenus par de grandes Colonnes ifolées, à bafes et chapiteaux dorés. Elle eft coupée dans fon milieu fous le Dôme par un Salon de forme ovale, qui lui donne dans cette partie cent piés de largeur. La ftatue de Charles VI., en marbre de Carrare, eft dans le milieu de ce falon avec une infcription latine fur fon pie- deftal, autour de laquelle font rangées celles de douze autres Empereurs de la Maifon d’Autriche de la même matière. La fale eft encore decorée par de très beaux Buftes, et par d’autres morceaux précieux de l’Antiquité. L’or, le marbre,et lapeinture brillent partout en abondance. Le Dôme et les Plafonds font du fameux Al. Gran. Les tablettes, furmontés de grands Médaillons dorés, et les Galeries à Balcons, qui régnent dans toute retendue de *- ( 40 - de l’edifice, et qui contiennent tant deà armoirs, que l’en bas, auquelles on mon* te par quatre efcaliers dérobés, et tout le relie de la boiferie font de bois de noyer, et d’une œenuiferie recherchée* O Le Perfonal de la Bibliothèque impériale confifte d’un Bibliothécaire , d’un Directeur, de deux Gardes, de 5 Scripteurs et de 4 Aides. Suivant une loi ltrictement obfervée on * n’ofe pas porter de la lumière dans la Bibliotheqne, pour ne pas expofer ce trefor irrécupérable au péril d’une de- firuction. La Bibliothèque a des rentes annuelles déterminées, qui font devoueés pour l’achat ordinaire des livres, mais elle n’eli pas bornée à ce fond, car fi l’occafion fe donne , d’avoir des livres effentiels pour la completion de la Bibliothèque , ils font achetés fans egard à cette fomme déterminée. La Bibliothèque eft pour l’usage public, tous les jours, exceptés le temps de vacance, des Dimanches et les jour» de fête, dans l’été de 8 heures jusqu’à midi ~- ( 47 ) ~ midï, dans l’yver de 9 heures, encore jusqu’au même tems. Près de la fale eft la chambre de Lecture, avec une longue table pour à peu près quarante per- fonnes, et quelques autres tables àpart* Il eft permis à chacun de demander un livre, de le lire dans cette chambre, et d’en faire des extraits et des notes, à quoi il y a toujours les ecritoires necefi’aires. Dans la fale même perfonne n’ofe entrer, fans être conduit d’un officiel» La Defcriptîon du Contenu littéraire et des richefles de la Bibliothèque fur- pafle les bornes d’un libre portatif. Le premier etablifiement de la Bibliothèque impériale *ft du à Maximilien 1 - qui y employa les Hommes les plus favans de fon fiècle. Il confie par une Infcription, que dès l’an 1662, fous le régné de Léopold, elle contenoit déjà plus de goooo Volumes, et elle fut encore augmentée depuis fous le régné de ce Monarque, Charles - C 48 )- Charles VI., qui la fit bâtir en 1 * 26 . et l'ouvrit au Public, l’a prodigieufe- ment enrichie, en y plaçant plufieures Bibliothèques déjà confiderables par elles même et fur tout celle du Prince Eugene de Savoye, que ce Prince avait rafi’em- blée avec tant de foin,' et qui etoit compofée de plus de 15000 volumes choilïs, pour la plupart en format grand, et rangées félon les ecoles conuues j fans compter une fuperbe collection d’Eftampes, qui, jointe à ce que 1 » Bibliothèque pofïedait déjà dans ce genre, y fait actuellement une fuite des plus complétés, et y forme fur tout une collection des Portraits, qufon croit fur- paffer toutes celles de l’Europe, et dont la collection de Fouquet fait une partie confiderable , et remplit plus de 200 Volumes. I’imperatrice-Reine, Marie Therefe, a de fon coté augmenté encore beaucoup cette vafte Bibliothèque en y joignant la particulière et choifie de fon Augufte Pere, et plufieures autres, que feu le Baron Van Swieten a acquifes par fes ordres — C 49 ) — ordres, ainfi que l’immenfe collection des Cartes géographiques, raiïemblée avec un travail infini par le Baron de Stofch, mort depuis quelques années, et entre lesquelles le feul Atlas de Bleau eft prifé a 30000 florins, Audi y font accrues les oeuvres les plus rares et les plus choifies des Couvents diffolus. On ne dit pas trop, en déterminant le nombre des livres à 200,000, Entre les raretés et les trefors communément cités en faifant mention de 1a Bibliothèque, font les Manufcripts, au nombre d’environ 12000, et confervés dans deux fales feparées, qui communiquent à celle de la Bibliothèque, La Collection des premiers livres imprimés depuis la naiffance de l’imprimerie jusqu’à l’an 1500 (y compris), qui pour- xoit etre la plus riche en Europe f et qui monte déjà outre 6000 pièces. Les Ecritures des anciens Mexicains •n fymboles et figures, que Robertfon a fait copier pour fou hiftoire de l’Ame» «que. D Des — ( 5o ) Des feuilles du Coran en anciens caractères cufiques du neuvième fiècle. Deux morceaux du vrai Papyrus égyptien. Un très vieux code en pourpre. Une quantité des oeuvres importants en éditions rares fur le dit grand-papier.' Une grande Collection de Quadrupèdes, d’Oifeaux, de Plantes, de fleurs et de fruits peints d’après nature et en miniature. Tous les tableaux, qui compofent 1<1 Galerie impériale de Peinture, auili peints ên miniature, avec les noms des diffé- rens maîtres, dont ils font. Le fameux Senatus-Confultufti, qui défend les fetes de Carneval, porté l’ah 563 après la prife de la Ville de Rome, dont il eft parlé dans Tite-Lire. Un Manufcript de Diofcoride décoré par des plantes peintes, du 6 èmefiéde. “ C 5 l ) — Quantité des Chartres et autres mo- tiumens de l’ecriture la plus ancienne. Celle , qui eft infinie , de deffeins originaux et de premières idées des plus grands maitres. Un fyfteme de Copernique, extrêmement complet , du travail le plus recherché, et d’autant plus remarquable, qu’il eft l’ouvrage d’un Menuifier allemand, nommé Neftsfell, qui, guidé par fes feules lumières naturelles , et fans poffeder une autre fcience, l’a fu produire. Feu l’Empereur François l’a acheté de l’Artifte en 1754 ^ ^ a P^ us fait une penfion. On remarque encore entre plufieu- xes têtes grecques celle de Pyrrhus, Roi d’Epirus, d’un marbre gris-brun. Les differens vafes Etrusques méritent l’attention particulière, en plus haut degré , ayant frappé le célébré Antiquaire Winkelman, qui a demandé et obtenu la permiflion, de les faire deftiner, par Ce qu’il les regardait comme ceux, qu’il avait vu de plus parfaits dans ce genre, D a Le ( 5 2 ) - 3 Le grand Tombeau, placé à l’entrée de l’efcalier , de marbre blanc eft uu monument remarquable de l’Antiquité, et un des plus beaux relies de l'ancienne fculpture. Le comte de Fugger le découvrit aux environs d’Ephefe fur ces voyages littéraires pour Vienne, On y reconnaît en basrelief, du deflein le plus correct, un combat des Amazones de L’Alie Sarmatique, que l’on dit avoir donné nailTance à Ephefe, et qui peut- etre eft le Combat, que Thefée leur livra. Les Amateurs et Connaifleurs, qui voudront avoir des notions plus détaillées, pourront confulter le favantouvrage, intitulé : analefta monumentorum omnis aevi Vindobonenfia, donné au Public en deux Vol. in fol. l’an 1761, par M. KoI r lar, Conf. de leurs Majeftés, Premier Garde de leur Bibliothèque. §. X. Le grand Arfenal fur le liaut Pônt. Le grand Arfenal , qui a été bâti en partie par Maximilien 11 , , et en partie — c 53 ) — partie par Léopold , eft un de plus remarquables eu Europe par la quantité des armes , des canons , d’armature ancienne et moderne , moyennant laquelle et les Anciens ont fait la guerre, et nos contemporains la font , mais principalement par l’admirable arrangement et par l’ordre, avec lequel ces armes font difpofées, et dont il n’eft pas poflible de donner une idée jufte. On entre d’abord dans une cour fpacieufe, qui forme un quarré long et irrégulier, et l’on y trouve deux grottes pièces des canons Turques ; l’une fondue en 1516. , et prife à Belgrad en *717., porte cent-vingt- quatre livres de balle, et pèfe cent-foixante-dixneuf quintaux ; elle eft de 24 pies, et a une embouchure , par laquelle un homme pourroit entrer fans beaucorp de gene; l’autre fondue en 1560., en pèfe cent- dix-fept, et porte foixante livres de balle. Près de ces énormes pièces font deux Pierriers , aulïi Turcs, dont l’un porte quatre-cens livres de pierres, et D 3 dont ( 54 ) — dont l'embouchure eft de 3 1 piés en Dia- métré. Il n’eft pas fondu, mais com- pofé d’une malle de perches de fer, et contenu par des cercles de fer $ il ref- femble pour fa longueur à un Vafe. Au deffus de la porte de la ville de Haïn- burg on voit incrufté l'enorme boulet de pierre , qui a été entouré des cercles de fer , et jetté de ce Pierrier. L’autre porte 240 livres de balle de pierre. Il y a encore un autre très grand Mortier de bronze, fur lequel on lit ces- mots; Sigismundus Archidux Auftriae. La cour eft d’ailleurs remplie de diverfes autres pièces de canons de 70—48—36 livres de balle etc., d’autres pièces d’Artillerie , des bombes , des boulets etc. Elle eft partout bordée d’un batiment, à un feul étage, difpofé comme le Raiz de Chauffée en galeries, et les murs extérieurs font dans toute leur etendue garnis d’une chaîne, qui a 200 toifes de long ; chacun de fes chaînons péfe 22 à 24 livres. Cette chaine n’eft cependant qu’une partie de celle, «a ( 55 ) “ celle, dont les Turcs fe font autre fois fervis, pour fermer le Danub.e du coté, de Bude, ou l’on en garde le refte. Les Galeries du Raiz de chauffée font remplies d’une très grande, quantité d’Artillerie et de tout ce qui eft necef- faire à fon fervice.. Les petites armes font rangées dans quatres Sales ou Galeries, qui fe communiquent, en forme de tas de bois. Les Portes mêmes, qui conduifent dans ces magasins, font com- pofées de fuffls ; l’efpace intérieure efl: tout à fait remplie d’armes. On en peut, ôter 300,000., fans déranger l’ordre extérieur. Dans les galeries de haut on ap- perçoit une quantité de fabres , de fu-, fils, de boucliers, de cafques, de har- nois, etc. difpofée dans un ordre , qui frappe au premier coup d’ociL Ce font, (pour en donner, s’il fe peut, une efquiffe legere) des colonnes rondes, torfes, canelées, des pilliers, quar- rés, triangulaires, dont la bafe, le fut, et D 4 le - < 3 * ) - le chapiteau font eompofés de fufils , de piftolets, de bajonettes , etc. des pyramides à trois et quatre cotes , des ouvrages de fortification, de Trophées , formées de même. Ce font des Plafonds garnies de fabres, d'epées, de piques, de calques, de gandelets, de platines de fufil, etc. difpofés de manière, que l’oeil n’apperçoit que des deffeins très bien exécutés et variés à l’infini, fans qu’il diftingue ce qui les compofe. Ils offrent, par exemple , les Armes d’Autriche , de Hongrie, de Bohême, etc. avec les fupports, les Cordons des ordres etc. ; des grands Aigles éployés et couronnés, des grands Boucliers etc. Entre les armes fingulieres il y a des arcs à. fléchés fur des echafauts, un petit ferpent de Champ , tiré et excelle- ment travaillé, un Canon à fix tuyeaux, un autre fur une Lavete, confiftant de 50 tuyeaux de fufil , qui font déchargés à une, ou à deux fois, ou l’un apres l’autre, et qui à l’endroit, ou on les allume, ont la forme du double clavecin des - ( f7 ) - des Orgues ; et plufieurs autres objets , que l’espace ne permet pas de remarquer. L’une des galeries eft coupée par un falon de forme ronde, dans lequel on voit plufieures Statues d’Empereurs et Princes de la Maifon d’Autriche, reve- ^-ttïrde leur Armure, et le Cafque entête. Le Bufte en bronze de Venceslas Prince de Lichtenftein , mort l'année 1772., eft aufli dans ce falon, ou leurs Maje- ftés l’ont fait placer en 1758* avec tune Infcription latine , dans laquelle il eft nommé : Reftaurator rei tormentariae. Ce grand homme et vrai Patriote a de- penfé des Millions de fes biens pour le fervice de l’Etat. En face de ce Bufte on voit, de l’autre coté du falon, ceux de François I., et de Marie Therefe, aufli en bronze, que le même Prince a eu la permiflion d’y faire eriger avec des Infcriptions, egalemment latines. On trouve encore dans cet Arfenal beaucoup de chofes, qui méritent d’être remarquées particuliérement; comme 1’ Armure de Godefroi de Bouillon , le D 5 Buffle — ( 53 ) — Buffle de Guftave- Adolphe, Roi de S aède, percé du coup qui termina en 1632» les jours de ce Monarque Guerrier à la Bataille de Lutzen, et qui l’empecha de détruire le Bohème derechef. Mais ce n’eft par ce feul Arfenaï, qui renferme les inftrumens de defenfe ; les foffées de la Ville , les Cafamattes font pleines de Canons, de Mortiers, de Lavetes, de chariots aux armes, des boulets etc. Pour voir ce Temple du Dieu de la Guerre, il faut s’addreffer au commandant duDiftrict de l’Artillerie de Garnilon fur la Seilerftadt, ÏL’Arfenal impérial fur le Salzgriefs, proprement dit Arfenal. Ici eft la boulangerie pour les Regi- mens deGamifon. Le Raiz de chauffée contient des Canons,desAubitzes,desMortiers, avec les appartenances. On peut cepen- danty voir le Canal par lequel le General St.Hilaire entra inopinemment dansVienne en ~ ( 59 ) - en 1619. avec fon Régiment, et y Secourut Ferdinand II. contre les entreprises des proteftans rebelles , dont il fit «chouer les coupables deiTeins. Arfenal des Bourgeois. L’Arfenal des Bourgeois , fitué fur le Hoff , eft un bél Edifice , bâti en 1723. et Surmonté de ftatues et de Trophées. On ne le laiffe Subfifter que par honneur, par ce qu’au dernier Siège des Turcs les Bourgeois Se font témoignés fi courageux, fi braves et fi fidèles ; c’eft pourquoi ils ont aufii retenu dans leur Arfenal la teté du Grand - Vezir Kara Muftapha, le Commandant de ce Siège, qui fut l’année Suivante étranglé à Belgrade , d’où la tête a été apportée ici dans la fuite. Outre une affés nombreufe Artillerie , et beaucoup d’Armes d’ufage, il renferme quantité d’Armes anciennes, et beaucoup de chofes , prifes fur les Turcs notemment à la levée du dernier Siège de Vienne en 1683. Ou — ( 5o ) — On conferve encore dans cet Amenai le Croiffant et l’Etoile, Armes de l’empire Ottoman, qui en 152p. avait été placés au fommet de la Tour de St. Etienne, pour arreier les boulets de canons turcs, et qui en ont été otés après le dernier Siège lorsqu’on y a arboré la Croix, que l’Empereur Léopold y a fait placer. Pour voir cet Arfenal il faut s’addref- fer à l’Infpecteur, qui y loge. A peu de diftance de cet Arfenal, c’eft à dire, au coin de la rue Haidenfchufs, vers la place des Ecoflais on voit une ftatue af- fés petite d’un Turc, laquelle attire fou- vent les regards des Etrangers, et dont on ne parle que par cette raifon. On prétend communément, qu’en 1529 les Ottomans avaient miné jusque fous cette maifon, habitée alors par un boulanger, qui entendit les Mineurs de la cave , ou Î 1 pétrifiait fon pain, qu’il en inftruifit fur le champ le commandant de la Ville, et que celui ci fit contreminer fans perte de temps, et obligea par là les ennemis à lever le Siège peu de jours en fuite ; mais ce conte eft mal fondé; ce Turc avec -(««)-= avec l’arc représentait les Armes de Ms. de Hey , auquel appartenait cidevant cette maifon, et dont la rue à reçu le nom. La delivration de la Ville de Vienne on ne doit pas au boulanger, qui pétrifiait le pain dans la cave, mais à l’armée choifie, à l’approche de laquelle les ennemis prirent la fuite fans retardement. La maifon eft rebâtie, mais le Turc avec l'arc fait parade fans raifon, et meme en meilleure figure fur la même place. Le Theatre de la Cour, ou National et celui de la porte de Ca- rinthie. Le premier fait une partie du Bourg, dont la façade donne fur la place de St. Michel. En dedans elle a 4 Etages, s Parterres, et eii décoré bien élégamment. Les Comédiens allemands, et les Ope- riftes italiens alternent: Il y a fpectacle par toute l’année, excepté les 2 dernieres femaines du Carême, quelques jour d’Ad- vent, et quelques autres pendant l’année. Le Theatre elt immédiatement fous une direction de Cour. Les ( ta ) Les prix d’Entrée font. Pour une Loge 4 fl. 30 kr. Au Parterre noble 1 fl. Au fécond Parterre 24 kr. Au troifième Etage 30 kr. Au quatrième Etage 17 kr. On paye pour une place fermée au Parterre Noble apart 20 kr., et au troi- fième Etage 10 kr. Dans ce Theatre fe donne les derniers jours d’Advent la grande Academie de Mufique pour les Veuves, qui eft com- pofée par plus de 180 voies et inftru- mens, qui le répété auffi la derniere fe- maine du Carême. La recette eft defti- née à l’entretien des veuves , et des Orphelins des Muficiens. Elle mérité, d’etre vifitée par tout Etranger. Le Theatre à la porte de Carinthie. Il a 5 Etages de hauteur, de même Û Parterres, et eft magnifiquement garni. Les prix y font comme ceux du precedent; mais depuis que les opéras aile- xn an- sHiv éÿ'Çt -.^Vrivi — ( &3 ) mandes ont celle, il eft fermé, et n’eft ouvert que par permifllon particulière pour des academies, que des Virtuofès etrangers voudroient y donner, ou aufli pour des compagnies de Comedie voyageantes , mais tout çà fans payement. XII. L’Univetfité, les Ecoles publiques» les Academies, les Artiltes académiciens, et les Inftituts. L’edifice de l’Univerfité de Vienne, fondeé en 1237 par l’Empereur Frédéric II, eft aujord’hui un Palais magnifique , érigé aux fciences par la munificence de François I, et de Marie The- refe , et qui leur a été folemnellement confacré le 5 Avril 1736. La principale façade eft fur la place, et eft decorée de deux fontaines; de ce coté le Batiment a quinze toifes de large, mais il s’étend à environ trente dans les deux rues Obéré etUnterfe Baeckerftrafië jus- ( H ) — jusqu’ à une petite rue de traverfe, et de cette maniéré il eft entièrement ifolé. Outre le Raiz de chauffée il a 3 étages, L’Edifice a trois entrées, l’une fur la place, les autres dans les deux rues qu’on vient de nommer; un grand Péris tille , ou 20 grandes colonnes fou- tiennent le milieu de l’edifice. D’ici on monte par trois efcaliers à la grande fale, aux autres Colleges, et h l’Obfer- vatoire ; mais au Raiz de chauffée aux fales de la Medecine et de la chirurgie, ainfi qu’a celle, deftinée aux Examens et aux Affemblées de la faculté de Medecine. Parmi ces fales le Theatre anatomique, et le Laboratoire de Chymîe, ou le célébré M. de Jaquin donne fes leçons, méritent d’etre remarqués. On voit dans la fale, confacrée aux leçons de Medecine le Bulle du célébré Baron van Swieten, fur un Piedeftal de maibre, que S. M. l’Imperatrice, Marie Therefe y afait placer en 1769 avec une Infcription, et avec fes Armes comme un et témoignage glorieux des fervices, que ce - C 65 ) - ce grand homme a rendus à l’Etat et aux fciences. Il y a là aalQ une Collection fuperbe des Préparations anatomiques les plus belles des hommes célébrés Ruyfch, Albin, Lieberkühn, etc. ; laquelle Swie- ten a acheté avec un grand nombre des Microfcopes et les plus fubtiles préparations y contenues, à un prix de 20,000 florins, et en a fait préfent au College des Médecins par une munificence de Pxince. Tant ces inftrumens ci, que ceux de l’Anatomie et de la Chirurgie le Docteur Schwediauer a excellement décrit dans une differtation inaugurale, publiée le an 1773. Vis à vis de la façade de ce Palais efi a voir dans un édifice feparé le Cabinet d’Hiftoire naturelle, une collection des differens, et très bien confervés animaux, ferpens, et lézardés étrangères et rares,avec un trefor complet desMineraux. - Au premier Etage dans la grande fale fe donnent toutes les actions honoraires, E les - C 66 ; les Afiemblées, les Difputes doctorales, et les diftributions de prix publiques. Les parois font tout a fait marmorés avec des chandeliers dorés et des Trophées en plâtre blanc ; et dans les niches fe trouvent de grandes ftatues, reprefentantes les vertus des Illuftres Fondateurs. En haut on voit a deux cotés des balcons pour les orcheftres aux jours des folen- jiités, et les hauts miroirs rendent la fale encore plus magnifique. Le Plafond eft peint par Guillielmi, et repréfente les 4 Facultés, avec leurs Infignes et In* fcrip tiens. En face de la porte de cette fale eft l’Auditoire de Phyfique et de Mechani- que, pourvu de toutes les machines, d’inftrumens, de Modèles imaginables, principalement par l’accroifiement reçu du Cabinet de Phyfique diiïblu. On y donne de plus tous les Dimanches et Fêtes dans l’èté une leçon de hlechanique et de toutes fes parties, pour les Artiftes, les Ouvriers, et en general pour les Amateurs. A - ( 67 ) A coté de l’Auditoire de Phyfique eft celui de la Théologie, Le Plafond eft peint par Maulbertfch, et re préfente le batéme du Sauveur danslejordan. On monte par un autre grand efcalier, parallel à celui dont on a parlé, aux fales deftinées aux Leçons de Droit civil, de Droit canon, de Hiftoire d’Empire , et des fciences politiques, etc, A Vienne de même qu’aux autres Univerfités d’Autriche on n’a pas le but d’attirer des Etudions etrangers, mais uniquement celui, de former la jeunefle du pais, de la conduire à la fource des fciences, afin que l’Etat, en puiffe fournir fes Offices, et conferver fon peuple dans une culture, et un eclairciffement convenient* Et c'eft ce qui fuffit. Des Profeffeurs, falairés de l’Airaire, 11 y a 38. Depuis quelques années on paye pour les leçons. Aux Gymnafes ce fait 12 fl. à l’Univerfité pour les etudes phi- lofophiques 18, pour ceux de Droit et de Medecine 30 fl. ; ceux de Théologie de Chirurgie ne font pas payés. La E 2 fomme fomme de cette recette eft emplojée à l’avantage'du Public, pour les Stipendiai- res pauvres, mais fignalifés par leurs talens et leur application. Enfin on a aufli à recommander aux Etrangers l’Obfervatoire. 11 eft richement pourvu des Inftrumens neceffaires aux observations aftronomiques. M. 1* Abbé Hell en qualité d’Aftronome de la Cour reçoit avec toute la politeffe les Etrangers et les hommes de lettres, qui Souhaitent de voir les inftrumens et l’ob- fervatoire, et d’en faire ufage. De même la Bibliothèque publique de l’Univerfité mérité d’etre vue. Elle a été enrichie des ouvrages précieux par celles des couvehts fupprimés , et celles de Windhag et Gfchwind, et s’augmente de jour en jour fuivant un plan nouveau par des livres de toutes lesfoiences, utiles et neceffaires aux Profeffeurs et aux Etudians. Cette Biblîôtheqne eft ouverte toute l’année, excepté les Dimanches et les jours - ( 69 ) - jours de Fête de 9 heures jufqu’à midi, et après midi de 3 jusqu’à cinq. Ecoles publiques. Outre l’Univerfité la ville a encore d Gymnafes, l’Academie Therelienne, le College de Loewenbourg au fauxbourg de St. Jofephe, l’Academie reale, l’ecole normale, 2 ecoles capitales , et pluiieu- res petites ecoles dans la ville et dans les fauxbourgs. Chaque Gymnafe contient cinq claf- fes , ou on enfeigne les fciences humaines fuivant les auteurs clafliques latins et grecs ; chacun a 5 Profefleurs et un Prefect. Le premier eft à la rue de St. Anne, le fécond à la Jofephftadt, dont les places tiennent les Piariftes. Le Directeur de tous les deux eft le confeil- ler aulique de Birkenftock. Ecole Normale. Elle prit fon origine l’an 1772. L'auteur de cet inftitut utile à été Mesmer, £ j Con — ( 7° ) Confeiller, et Recteur des ecoles de la ville. Dans la fuite on appella le Prévôt Felbiger de Sagan en Silefie , et on lui confia la Direction fuprème de toutes les ecoles allemandes en Autriche, qui prit poffeflion après la mort de l'ira- peratrice de fa Prévôté à Prefsbourg, et y mourut en 1788* Cet Inftitut eft dans la rue de St. Jean , et renferme 4 Clafi'es, dont les objets d’inftruction font ailes connus. Le débit des livres normaux y eft de même, et fe fait au compte de l’in- ftitut ; aux enfans pauvres on les diftri- bue pour rien. Toutes les affaires d’e- eoles allemandes font foumifes à la Direction de la Commiilion aulique des Etudes. Inftitut pour la formation des mai- trefTes d’Ecole. Il eft dans une aile du Couvent des Urfelines, et confifte de 24 filles de 7 a 14 ans. Il eft pour le fexe femmel, ce qu’un feminaire de maîtres d’ecole eft pour celui des hommes. Ayant achevé leur — C 71 ) leurs cours, élles peuvent entrer en qualité des maitrefles dans les ecoles publiques. Pour la Religion y eft employé un Clerc, pour les autres objets un Lai» que , et pour les ouvrages de femme M. Zée, à qui eft en même temps confiée î’infpection. Ces filles font pourvues de tout ce qui leur faut. L’Entrée dépend, du choix de fa M. l’Empereur. Les Academies. Academie Reale. Elle eft dans la rue de St. Anne, et fon exiftence eft de \ j 7 b.' Sa deftination confifte dans la formation neceffaire des marchands et de leurs garçons. Ceux ci y apprennent l'Arithmetique , la Géométrie, la Mathématique, le Style allemand , la Géographie , l’Hiftoire de la Nature, la fcience du ccmmerce privé, l’Hiftoire et le Droit du commerce, 1* Ecriture double, la Calligraphie, le Def- fein à l’egard des Manufactures, les af- E 4 fairec — ( 7a ; — faire» de fabrique, et enfin la langue françaïfe et italienne. Le cours de leçon renferme a ans. Le Directeur en eft M. Jean Wolf. Un nombre confide- rable de ces eleves , qui y ont pris l’in- ftruction, paraiffent déjà en Principaux très habiles, en teneurs de livres auprès de banquiers, de fabriquans , de même qu’en Officiansde l’Economie d’Etat dans les Bureaux des Comptes, et fur des Seigneuries, Academie des beaux Arts. C’était déjà l’Empereur Léopold , qui forma le plan d’une Academie des Arts l’an IV04., et qui fit copier a Rome les Modèles de l’art haut des Grecs, Lao- fcoon, l’Apollon du Vatican, la Venus de Medicis, le Gladiateur borghéfe , et les fit apporter à Vienne. Sous fon fuc- eeffeur Jefephe I. elle fut formellement ouverte en 1705., et fous Charles VL elle fut encore protégée de ptus, et augmentée par une ClatTe, c’eft à dire, l’Architecture. Cette Academie a produit Gran, Altomonte, Janek, Ferg et Donner. ■ - Appré- — C 73 ) — A prêtent elle fe trouve dans 1 a rue de Ste Anne dans la Maifon cidevant le Noviciat des jefuites. Elle a des fales fpacieufes, et des chambres très claires pour toutes les claffes et ouvrages. Elle ell formée par 7 Gaffes, favoir: 1 De peinture d’hiftoire 4 De Sculpture 3 d’Architecture 2 de peinture champêtre 5 de Gravure en bronze 6 de gravure en taille douce, et 7 une Ecole pour les Fabricans» Son Protecteur eft depuis 1772. Ven- ceslas Antoine le Prince de Kaunitz Rietberg. Son Prefident a été le célébré Baron de Sperges, mort le 26 d’ October 1791. Il fut remplacé par S. Excellence, Philippe Jean le Comte de Cobenzl, Vice-Chancellier de Cour et d’Etat etc. Le Secrétaire perpétuel ell le Confeiller de Cour, M. de Sonnenfels, fubftitué par M. Antoine Weinkopf, Official des Archives impr. Secret. ES Le# -' ( 74 ) — Les ïdividus y appartenais, font : le Confeil academique, les membres d* honneur, les membres actuels, et les ecoliers. Chaque claffe a fon Directeur et Profeffeur. On diftribue des Prix annuels, et toutes les deux années des Médaillés d’or aux Ecoliers, qui prefen- tent les meilleures pièces. De temps en temps on étalé aulli publiquement les nouvelles pièces des Artiftes du pays déjà accomplis , et des autres membres accademiques, ce qui fe fait dans le Salon de modelles , et quelques chambres à part, On en reçoit aulli un catalogue imprimé. Les Artiftes academiques. Architectes M. Jofephe Beck, (Prof, en Théorie .) —— Dewez, (fous- Archit. de la cour.") *— Vincent Fifcher (Prof. ctOrnemen.) — Andrée ¥ifcher(ProfeJfeur tn Pratique.) Mel- — ( 75 ) — — Melchior Heferl (membre.) •— Hillebrand (Archit. de laCoHr.) — de Hohenberg ( Arch. de la Cour et Directeur.) —— Kohl (membre.) — Martïnelli ( Archit . de la Cour.) — Nikelli ( Archit . de la Cour.) — Platzer ( 'membre ,) Artiftes en Antiques. M. Lang, Graveur. Il eft aufli en poffefïion de l’art, de mettre des figures , tirées d’Emaille, fur du vitre. Il excelle en Portrait. Des Peintres en fleurs. M. Drechsler (Prof.) — Püchler (i membre .) • Sculpteur.?. M. Bayer (Cons. et Arts') •—• Fifcher (Prof, en Anatomie .) — Grafli ( Maître en modeïles.) —• Kogler (membre.) Saut- - ( 76 ) - — Sautner {membre.) — Vogl {Sculpteur de ta Cour .) — Zâcherl {membre.) — Zauner (Prof.) Des Graveurs en yvoire. M. Sebaftien. Hefs, un des premiers Artiftes en Europe, a une habilité fans pareille de faire des figures , des fleurs etc. en yvoire pour les bagues. Tireurs en bronze. M. Donner (Ad), en Gravure des Médaillés.) Jean Hagenauer {Directeur et Profef- feur de cette Ecole.') — Thomas Lang {membre.) — Vinazer ( [Grav. imp. des Monnaies .) Emmailleur. M. Philippe Schîndler Directeur de la fa- brique imp. de Porceüaine.) Gra- Graveurs. M. Jean Dominiqee Kalte. -r~ Krichel. — Rakelspeyer. — Schafermann. — Wirth ( Medaillcur de la chambre iwp. et Graveur de Mor.) Des Peintres pour l’Hiftoîre. M. Jean Greipel ( membre.) — Fuger {Vice direct, des clajfes des peiti• trei et des Sculpteurs .) — Lampi {Prof. ) — Malbertfch (Coiîf. d’arts.') — Maurer {Prof.) — Sambach {Direct, des Ecoles des Peintres et des Sculpteurs ,) — Unterberger, Des Peintres en payfage. M. Chrétien Brand {Prof.) - — Frédéric Brand {Adj.) — Heidelauf {membre.) — Molitor. {membre) Rof» — Rofa (Direct, de Gâterie,y — Schallhas ( membre.) — Wutki. Des Peintres en Confervation. M. Adam Braun (membre.) Des .graveurs en taille douce. M, Adam. — Afner. Bonheimer. - 1 ~ Conti ( Adj. de Prof.) — Jacobi (Prof) — Jarota (Confeil. d" Arts.) — Landerer (membre.) ■— Mannsfeld (U pire.) — Mannsfeld (le fis.) — Mark. — Schmutzer ( Directeur) — Schutz (membre.) — Ziegler. Imprimeurs academiques de taille douce. M. Landerer, — ( 79 ) — Marchands d’arts. M. Artarïa et Çomp. — Eder, — Frifter. — Hohenleitner. — Hofmeilter. — Kofchelluk (de meme des pièces de Mu- fique de fa compofition ,) — Lôfchenkohl. — Schr'âtnbl. — StockeU Des peintres en miniature; M. Anker* — Bauer. — Fuchseder (Peintre de la Chambre imp .) — Fuger. — Jelka. «— Mayer. — NagerU — Rofsler. De» — C 80 ) — Des Peintres en Portraits. M. Jofephe Hickel ( Peintre de la Chambre tmp.) — Lampi. — Linder. ( membre .) — Cafpar (membre .) — Kreutzinger. — Râhroel. — Weickert. De Peinture en Paftelle. Md. Gabriéle Beyer ( membre .) Des Graveurs en Cachets. M. Abraham (Au/.) — Greifenôder. — Hiibner. — Neumann» —- Wifsmayer. Des Peintres en animaux. M. Brand. M. “ ( 8i ) M, Dallinger ( Infpect. de la Gâterie dtt Prince de Lichtenflein ,) r— Fuchseder, — Rofa (Inspecta de ta Gâter, itnp.') Des Peintres en Blafon» M- Bauer. Mayer. Des Deffinateurs. M. Baron (Adj, de Prof.) — Eifenhut. — Fifcher. — Grabner ( Defjin . d’ornemens .) — Janfcha (Adj. du Prof.) — Kôpp, qui travaille en Mofaique Ska. gliol*. — Kibler* •— Rambo, Annotation, Des logis de fes Artiftes on a à s’informer dans l’ediüce academique* Aca- F - C 80 - Academie Orientale. Elle eft dans la maifon, dite de Sfr. Jaques. Elle prit fon origine Je i. Janvier 1754., et eft foumife à la Chancellerie de Cour et d’Etat. L’infpection en a le digne et favant Confeiller de Cour, M. de Jenifch, et M. l’Abbée Hoek en fait le Directeur. Les douze Eleves jouiiïent principalement de l’inftruction dans les langues orientales comme de même dans les vivantes européennes les plus fréquentées , et dans les exercices de corps, deftinés pour la jeune noblef- fe. Après avoir achevé le Cours, on les envoyé en qualité des dits garçons de langue à l’ambalïade de Conftantinople, pour y travailler en affaires, et pour avoir 1* exercice practique de ces langues. A 1 * occafion on les rappelle à la chancellerie de Cour, pour travailler en affaires orientales, ou on les employé en Confuls dans la Moldavie, la Wallachie, aux ports et isles de l’Archipéle, et en qna- lité des Interprècs de l’Armée impérial* en guerre contre la Port*. Cet- — ( 83 ) — Cette Academie publie le grand Dictionnaire turc - arabique - perfique - italien , latin de Meninsky, augmenté et tout à fait reformé en 4 Vol. de fol. med. qui eft imprimé dans l’Imprimerie de Cour de M. de Kurzbek à propres frais, et fera achevé l'année prochaine. L’Academie Therefienne. Sur la place des Dominicains. Cette excellente Conftitution fleurit depuis le mois d’aout 1784* C’eft dans cet Edifice, que les Eleves de l’Academie noble Therefienne et de Savoye reçoivent l’inftruction dans les fciences humaines, les langues, les armes et la danfe. Les places de fondations, qui ont été cide- vant dans l’Academie mentionnée font divifées en trois claffes, La première Place — — 500 fl. La fécondé — — — 400 La troifiéme — — —- 300 Il dépend de l’application de chaque eleve, de quelle claffe de bénéfice il fe fi 4 rend — ( 84 ) rend digne pour chaque année. Chaqn’un d’eux peut continuer fes etudes ici ou dans une Province. I’infpection en a le Baron de Stillfried. Des Inftituts. Inftitut des Sourds et Muets. La Demeure des Sourds et Muets fie trouve fur la place des Dominicains, et a l’infcription fuivante. SURDOEUM MUTORUMQUE INSTITUTIONI ET VICTUI IOSEPHUS II. AUG. MDCCLXXXIV. S. M. ont déterminé, mais point bor* né le nombre des individus, y entretenus fans payement, à 30. Qui y veut faire entrer une perfonne outre ce nombre, paye pour la table, l’habillement, l’inftruction et tout le refte 100. fl. M. Storch en eft le Directeur et Profefleur, formé par l’Abbé l’Epée à Paris. Oa — ( 85 ) — On employé les garçons à plufieurs métiers, et les filles aux ouvrages ne- cefi'aires de leur fexe. Outre cela ou y a établi une fabrique des rubans et une imprimerie. Quiconque pourra vifiter cette mai» fon tous les Samedis. Inltitut des Pauvres. L’Inventeur de cet inftitut unique eft M. le Comte de Buquoi, qui l’a fon» dé le premier fur fes terres en Bohême 1779., et l’introduit ici par Ordre de 1 * Empereurjofephe II. 1783. La Defcrip - tion en eft imprimée. On a attaché dans toutes les eglifes des boetes de fer blanc, qui ont l’infcription : Pour t'injli* tut des Pauvres. Que les Viennois ne depenfent pas tout pour la bone chere, et qu’ils ne penfent qu’à eux mêmes, comme les E- trangers ufent de leur reprocher dans leurs Defcriptions de voyage d’une maniéré dégoûtante, après avoir joui de F 3 tout — ( 86 ) — tout accueil, témoignent les contributions liberales pour cet inftitut, qu’on publie tous les mois par le Diaire de Vienne. Le Lombard eft un etabliflement principal et bénin, pour reftraindre l’Ufure. Chaque homme y reçoit de l’argenr pour les chofes mifes en gage, qu’il faut qu’il de- gage dans un terme fixe, avec les interets les plus équitables. Il fe trouve dans l’edifice magnifique de la fondation fup- prïmée de Ste. Dorothée, dont fa fuperbe egtife fait le Depofitoire de gages. Il eft ouvert tous les jours, excepté les Samedis, les Dimanches, et les jours de fête, de 9 heures du matin jusqu’à midi> et de 3 jusqu’à fix du Soir. La maifon de travail pour les Do- meltiques en fait de même une partie. Les Do- meftiques fans engagement, pour ne pas «tra à charge à l’etat, y reçoivent du. tra- — ( 87 3 — travail et de Inoccupation payée , et la demeure, c’eft pourquoi la demande d'au- mone y eft feverement défendue, aucun mendiant n’ayant plus de pretexte. Autres Edifices de magnificence. La chancellerie d’Empire, elevée en 1728* vers la ville d’après les delfeins de Fifcher d’Erlach, et qui occupe auf- fi de ce coté toute la longueur de la place depuis la vieille cour jusqu’à la Cour Amélie , fert à la Chancellerie de l’Empire et au Vice-Chancellier, qui y eft logé. Le Confeil impérial aulique y tient aulïï fes féances. Ce batiment, qui eft d’une belle Architecture, eft fur- monté dans fon milieu des Armes de Charles VI. On voit à chacune de fcs extrémités un grand Portique, qni a vers la place à chacun de fes cotés un group- pe de grandeur colofsale, de pierre blanche. L’un reprefente Hercule, vainqueur d’Antée; l’autre le repréfente vainqueur de Bufiris. Le troifiéme et le quatrième, domptant le Lion de la foret de Neméo, et le taureau furieux, qui F 4 de- — ( 88) — defolait l’isle de Crète. Ces quatres group- pes, qui font de Lorent Matthieli, méritent d’etre remarqués. La chancellerie de Cour et d’Etat fur la place de paume. L’Hotcl de monnoies, autrefois Palais du Prince Eugène de Savoye, La Chancellerie de Bohème et d’Autriche, édifice fuperbe, décoré de Statues et autres ornemens, bâti par Mariq Theréfe. Il eft ifolé de tous cotés, La Chambre de la Cour. La Chancellerie de guerre, dont la façade donne fur le Hof, eft une de plus grandes et de plus belles édifices de Vienne. Elle renferme deux cours, a 4 étages, et contient le corps de garde, devant le quel font plantés 4 canons. Le foir on fait ici de la mufique turque avant qu’on bat à caifie. La Chancellerie de Cour de l’Hongrie, La ■SMM ariiij» I milll ll lizil'!,' • illlill IIIIIIM «V' LMLî UUUUWHJI1H OD T * *. - • ' V ! i L V ! A l i ■0i : & fMM <*■ s :® eu—) » g m ^ b tai h il i ii irm ■ 4sf anmn t1 — < 89 ) — La Douane. C’eft ici qu’on vifite les chariots et les Marchandifes paffantes. L’Hotel de Ville. Le nouveau Palais du Prince Aloy- fe Lîchtenftein, rue Herrengaffe, avec le manege, la bibliothèque et le Theatre. La Maifon de primogenîture de cette Famille fur la place des Minorités, où la magnifique bibliothèque eft confervée, ne cede à aucune autre qu’à celle de la Cour. Fondateur de cette Maifon des Princes deLichtenfteïnétaitleanAdam; on commençait l’an 1699. à le bâtir, et l’achevait l’an 1711. C’eft de même à lui, qu’on doit pour la plupart lafuperbe Collection, dont on ne touchera que le plus remarquable. Selon fa derniere difpofi- tion elle eft inaliénable en perpétuité , et pafle toujours au Prince régnant, dif- pofition, qui l’a fait augmenter, et l’a rendu de plus coniiderable. F 5 Le ~ ( 90 ) — 1 Le Prince Jofephe Vencelas l’a enrichi pendant 20 ans de morceaux de prix, et par le dernier défunt Prince François Jofephe elle a obtenu encore plus de perfection. Dans cette Galerie on trouve des monumens des plus grands maîtres de chaque ecole. On entre d’abord dans un Salon, lequel a 43 pies de haut, 73 de long, fur 35 de large, avec 20 fenêtres, décoré des diverfes bulles, et de deux très grands Tableaux de Skreta , un Bohemois. La première chambre eft principalement remarquable par deux tableaux d’ autel de Rubens et de Guido Reni, par une efquilïe de Raphaël, gris en gris, et par la Mbfaique, reprefentante le Portrait du Prince Venceslas de Lichtenftein. Dans les autres apartemens on voit un grand nombre des tableaux de Vinci, Han de Katter, Wenix, Damm , et des basreliefs de Gérard» Les douze Pro- fpects de Venife de Kanallthi, deux têtes C 9 l ) — tes de Seybold ; 19 pièces mythologiques de Francescbini, puis de Lucca , Gior- dano, Pelegrini, Guido, Michael Ange- lo, Caravaggio , Pouffin, Pietro Tefto, Vandyk, Alcatii, Domenichius. La plus remarquable eft l’onzième , par la fameufe hiftoire de Decius de Rubens en 7 tableaux très grands. Wouvermans , Bruyn, Bauer , Ha- milton, Rofalva, et une quantité de pièces taillées, des Statues, des bronzes et des Vafes méritent egalement l’attention des Etrangers, qui en faVent apprécier l’art. Le nombre des Tableaux furpaffe 700. M. l’Abbé Luchini en eft l’Infpecteur, et on en a de même un catalogue imprimé. Le Prince régnant Aloyfe, qui lui même eft connaifleur et amateur de l’art, angmente ce trefor, laide de Tes Ayeux, par des pièces precieufes. Il a encore établi une collection des tailles douces , fondée par celle du défunt Referendaire d’Em- — ( 94 ) — Celui du Prince de Starhemberg, fur la place des Minorités. Celui du Comte de Thurn, aufli là. Celui du Prince de Schwarzenberg fur le neuf- marché. La Nonciature papale fur le Hof. L’Hotel du Ëaron de Wetzlar ? la rue Teinfaltftraffe. La Maifon, dite à la grappe de rai- fins fur la Cour, remarquable par fes 9 etages. L’immenfe Hôpital des bourgeois, nouvellement bâti, et femblable à une petite Ville , a huit cours, 20 efcaliers, et 4 etages. Etant achevé, il portera plus de 8o mille florins par an. L’edïfice fur le rempart près des Au- guftins, qui a été autrefois delliné pour la Chancellerie des Pays-bas. U ) , !,■ i .,/? . • s> t ■ -Ï .■ + £ to» <Ç Jik **? f* ^ * br« CM fks»» ■mm La grande Cafferne dé l’Artillerie fur le Salzgries, Il y a encore plufieurs Palais des familles riches et confiderables à Vienne f qui ne font pas magnifiques du dehors , mais qui renferment tout ce que notre fiecle raffiné a produit en magnificence y commodité, et elegance. On y pourroit compter l’hotei de Molk , et plufieurs autres Maifons et cours de Prélats, nouvellement bâtis. XIII. Eglifes et Couvents remarquables. j. St. Etienne. L’Eglife capitale de Vienne eft le Dôme de St. Étienne; cet édifice noir, et gothique mais majeftique eft encore un Monument de la vieille Architecture foliée. Elle doit fop origine au premier Duc - C 96 ) — Duc de l’Autriche, Henri Jafomîrgott» Ce Prince en pofa le fondement félon des Documens indubitables l’an II44, par confequence, la troifième année de fon régné. En I147. elle fut achevée, et confaerée à St. Etienne par Reimpert, Eveque de Pafiaq. Mais elle fut alors beaucoup moins grande quoiqu’ elle ait été la principale paroiffe de la Ville. Elle ne fut pas même renfermée par les murailles de la Ville. L’an 1258* elle fut brûlée, de forte que même les cloches en font fondues. A peine rédifiée, elle elïuya un nouvel incendie en 1295V après quoi Odoacre , Roi de Bohême la rétablit tout à fait. L’an 1275. elle était déjà d'une fi grande autorité, qu’il y fut tenu, fous la prefidence du Nonce papal, un Concile d’eglife de trois jours. En 1278. Rudolphe I., ayant combattu Odoacre, Roi de Bohême, y remercia Dieu le plus folennement. L’an 1326. elle fut aggrandie par la Chapelle y jointe, dite tirnaique, et quelques années après par celle nommée de Batême. C’était en 1359., que le Duc Rudolphe IV., avec fes frères Albert II., et Léopold — ( 97 ) pold l’enlargit par le Choeur ou le Sanctuaire, et commença en même temps, dé bâtir les deux grandes tours ; mais il fut empeclié d’achever cet édifice , par la mort qui le lurprit à Milan la fixième année de fon régné. Les frères du défunt Duc, Albert et Léopold, puis Matthieu, Roi de Hongrie, l’Empereur Frédéric IV., et d’autres Succeffeurs la continuèrent, et la mirent dans l’etat magnifique, où elle eft actuellement. Principalement il faut remarquer, que là grande tour, qui n’eft pas encore achevée, avait dû être de la même hauteur que l’autre , et que, quoiqu’elle n’ait que 25 toifes, elle a été bâtie pendant plus de 200 ans, fans etre accomplie. Tant dè l’origine de l’èglife de St Etienne, En ! 365 elle fut élevée d’une Paroif- fe en Prévôté et Eglife collegiale. En 1468. elle obtint, moyennant Frédéric IV. la prérogative d’elire un Eveque, et par interceflion de Charles VI. elle reçut Un Archèveque'en 1623. G Elle ( 98 ) — Elle était tout à fait bâtie de pier* tes taillées, à la gothique, entourée au dehors, en haut de galeries de pierres, et d’une maçonnerie elegante, d’ou fe leve le toit double, haut de Ig toifes, et compofé de tuiles à demi rondes, glacées, rouges, verdes, et blanches. Le batiment de ce toit mérité le nom d’un ouvrage enorme ; des piliers principaux il y a s889- I’interieur de l’eglife eft majestueux, folemnel, et remplit le fpectateur de re- fpect. Les ornemens gothiques , les colonnes énormes , et les parois gros et noirs, ont l’air refpectable. La longueur de cette eglife elb de 342 » la largeur de 222, et la hauteur jusqu’aux voûtes de 79 pies. Les voûtes de ce vafte Edifice font foutenues par 18 colonnes ifolées et autant adofics. Elle , a trente huit autels de marbre, arec des beauxtableaux. Celui du grand autel, peint fur d’etaing, eft de Bock, ceux fur les deux grands autels de coté , — ( 99 ) — té, font de Sandrat. On voit à un des piliers un Ecce Homo à demi corps dÿ Correggio. 11 y a dans cette ëglife plufieurs tombeanx dignes de remarqué et furtout celui de l’Empereur Frédéric III. mort à Linz en 1493., placé à droite â coté du Sanctuaire dans la chapelle de N. S. crucifié. 11 eft de marbre rouge et blanc, long de 12 piés 3 pouces. Sur fix pies 34 pouces de large, et 5 piés d’eleva- tion; décoré de plus de 300 figures, de 38 armes, d’un travail infini, dont quelques unes ont la hauteur d’un pié et demi; néanmoins’ comparés à nos modernes , ils ne méritent pas le nom de chef d’oeuvre. Sur le tombeau eft couchée la Statue de Frédéric III. revetue des habits impériaux, la couronne fur la tête, et avec les autrès Infignes. Ce monument a coûté 40 mille ducats. Ee Tombeau du célébré Prince Eii- gene de Savoye eft au fond de l’eglife dans la chapelle de la Croix. G a A — ( 100 ) - A la gauche de la grille, qui eft à l’entrée de cette chapelle, on voit ce- lui de Jean Spiefshammer, célébré Hi- ltorien, Philofophe , Médecin, Orateur, Poete et Bourgemaitre delà Ville, dont l’Epitaphe eft de lui même, A une autre place fe trouve un autre tombeau remarquable en fon genre, Y git un Prévôt cathédral de Vienne* 11 fallait le favorit de l’Empereur Maximilien pour fa bonne humeur, qu’il ac- > compagna dans fes Voyages. Les Bel- giens, alors rebelles, prirent Maximilien formellement, il fauva fon prince de l'a demeure indigne , et en reconnaiflance celui lui donna la dignité mentionnée dans laquelle il mourut, et fut enfeveli dans fon eglife cathédrale. Le tombeau du Cardinal de Kollo- nicz mort en 1751., et celui du Cardinal de Trautfon, mort 1757. fe diitin- guent. Remarquable eft de même le portrait de l’architecte de cette eglife, en fculp- ture — ( 101 ) tare à caté de l’autel de Pierre et Paul, proche de la chaire , qa’on dit avoir été nommé Antoin Pilgram. C’eft aufli dans cette eglife, que l’on depofe les entrailles des Princes et Prin- cefles de la Maifon d’Autriche dans un caveau, que Rudolphe IV. avait fait bâtir, mais dont on avait perdu la mémoire , lorsque le hazard le fit retrouver fous le régné de Ferdinand III, Le trefor de St Etienne eft fort riche en Chaffes et Reliquaires , garnis de pierreries , en argenterie , en ornemens précieux, etc. et mérité d’etre vu. L’an 1791. on a rétabli du fond la grande Orgue gâtée au bout de l’egtife pour 9000. fl, Aufli du dehors on voit une quantité des basreliefs, des portraits , et des épitaphes, renfermés dans les murailles. Ea chaire de pierre, dans un coin, mérité d’être nommée , parceque St. Jean Capiftran y a tenu fes fermons l’an 1451. G 3 Tou- — ( 102 ) La Cour de St. Etienne , ou la partage, ditcimetiere de St. Etienne, eft àprefen ouvert par les quatre portes caf- fêes. Peut etre que nos petits fils jouif- fent encore du plaifir, de fe promener tout autour de cette eglife fous une allée des tilleüils, et de voir rafés ces ha-: bitations et boutiques miferables, qui défigurent cet édifice magnifique. L’ornement le plus diftingué eft la tour accomplie, du coté de midi, une de plus hautes en Allemagne, et un petit peu plus baffe que celle du Münfter à Strasbourg. Cette magnifique Piramyde çoloffale, de même le fommet eft de travail percé , entourée de Guirlandes , de rofes et de fleurs. Elle fut commencée l’an 1360. et achevée l’an 1433. Elle eft compofée entièrement de pierres quar- rées, et a de haut 434 piés et demi. Pour y monter on a à chercher un billet de paffage de l’Intendant de l’egli- fe, mais qui eft facilement accordé fur tout à un etranger* On — (loj i ~ ' On a ;i patTer plus de 700 degrés avant d’arriver à la pointe étroite. L’efcalier a 5J3 degrés de pierre, et 300 de bois, jusqu’à la pointe de la tour; mais on monte par des echelles. En 1633. pendant le dernier Siège des Turcs on y a tiré plus de 1000 coups de canon , c’eft pourquoi il fallut pour la réparation presque 4 ans. L’epreu- ve, que les Turcs n’eurent pas beaucoup de refpect pour leurs armes, le Croiffant, qu’on avoit planté fur la tour, pour fon ménagement. En 1631. elle a été illuminée par des lanternes, à l’occaflon du Mariage ,de 1 ’ Archiduc. Ferdinand III, , et 1637/ à caufe de fon élévation à la dignité de Roi romain. Que ce coup d’oeil doit avoir été enchantant. Soit caprice de l’Architecte , foit pur effet dn hazard, foit effet d’un tremblement de terre , foit plus vraifemblal- lement l’affailTement d’upe partie de fes fondemens, il eft certain, que cette G 4 tour M ( 104 ) — 1 - tour penche fenfiblement vers le Nord. Dans cette tour fe trouve avec quatre autres cloches d’un moindre qualibre, la plus groffe, dite Jofephine, qui pefe 354 quintaux, non compris fon battant, qui a 1300 livres. L’empereur Jofephe I. la fit fondre en 17H. d’une partie de l’Artillerie, prife fur les Turcs , ou elle fe fait entendre lentement, et maje- flieufement, à l’entrée folemnelle de la Cour dans l’eglife de St. Etienne, aux anniverfaires des Majeftés impériales , aux cas de mort des perfonnes illuftres , et aux principales fêtes d’eglife. Les Chiffres fur le quadrant font de 2 piés , la hauteur des tableaux d’horologe eft de 2 T. 5 pouc., et la largeur T T. 5 piés, 3 pouces ; l’aiguillier eft d’une Toif, et 4 ponc. L’Horologe n’annonce que les heures ; les quarts en bat le garde de Tour, pour le tenir éveillé pendant la nuit; maîl il y en quatre , qui alternent. Dans la cour vers le Nord, qui n’eft pas encore achevée, haute de 25 toifes, eom- apÉSul ■ I St-tPeters L.Kirjh£ •l’^P — ( 105 )— commencée l’an 1446, et couverte en 1529. d’un Dôme de cuivre fur une voûte à cloches de pierres , pend une autre cloche, qui eft avec le battant de 2885° Livres. Deux autres tours, beaucoup 'plu* petites, bâtis déjà en H44. avec la première eglifefontà voir fur le coté du couchant aux deux ailes du portai, qui eft droitement vis a vis du grand autel au fond du bateau de l’eglife. Outre le Portai il y en a encore quatre autres, favoir, à chaque bout des voûtes à coté. L’eglife mefure en largeur entre les deux grandes tours 37 toifes, 2 piés. St. Pierre. La fondation de cette eglife eft aulTi très ancienne, ayant été bâtie par l’empereur Charles, le grand, en 792 ; mais 1 ancien édifice ne fnbfifte plus du refte. Quoique Paroifle alors, cette Eglife était petite, obfcure, et tombait en ruine. On — ( io6 ) On l’a rebâtie au commencement de ce fiecle, l’Empereur Léopold y ayant mis la première piçrre en 170a. C’eft aujord’hui une efpece de col-» legiale et de Paroifle, qui a un doyen, et plufieurs prêtres, feculiers, fondés depuis quelques années par feu de Schwandtner, Confeiller de L. 1 Y 1 . dont on voit le tombeau en marbre dans le Sanftuaire, Cette egüfe , l’une de plus belles de Vienne, forme un Oval, furmonté d’un Dôme couvert de cuivre avec une lanterne au delîus, et un Plafond, peint par Rothmayer. Tout fon intérieur eft mar- morifé, et elle a dans fon pourtour 8 autels; les tableaux d’autels font d’Alto- monte, le perç, de Rothmayer, de Sco- nias et Reem. Le Plafond voûté du Choeur • ft peint par Bibiena. En 1756 le même Schwandtner y a fait ajouter par teftament un Portai fu- perbe de marbre gris, décoré de ftatues excellentes de plomb. A C ï°7 ) A la gauche du Portai on trouve le tombeau du célébré Wolfgangue Lazius. Eglife et Abbaye des EcofFais. On donne lenom d’Ecoffais à ces Bene- diétins, parceque Henri premier,. Duc d’Autriche, qui avoit commencé à bâtir vers l’an 1650. cette eglife et ce Mona- ftere, les donna en 1158- à desBene- diftins de cette Nation, qui des lors avaient plufieures maifons en Allemagne, où ils s’etaient rendus renommés; des Benediftins Allemans leur fuccederent en 1418. En 1275. a été détruit par un incendie le Couvent avec l’eglife et tout le Quartier des Ecoffois ; en 1488- les tours, de l’eglife, avec fix cloches; en *635. encore la tour, et en 1 ( 583 * l’eglife, la tour, le couvent, et tous les édifices contigus. En 1529» la Milice, mife dans ce couvent, le maltraita beaucoup, et defola la Bibliothèque. L’eglife actuelle, commencée félon le. plan fait en *683. eft allés grande., et a l’air bien fo- — ( 108 ) — folemmelle. Le tableau du grand Autel eft de Sandrat ; les autres font de Bock et de Bachman. Elle eft la fécondé des poroifies principales, Dans laGalerie par terre,par ou on peut entrer dans l’eglife, fe trouve un grand nombre de vieux monumens de morts. Henri, mort en 1177., avait choifi fa fepulture dans la première eglife de cette Abbaye, qu’il avait bâtie. Le Schottenhof (Cour des Ecoffais) y appartenant, eft un des plus grand Batimens de Vienne , qui a des grandes et belles habitations louées à differens Particuliers. L’Egîife de St. Michel , et le College dçs Barnabites. Elle eft la troiliéme des Paroiffes principales. On ne connaît pas au jufte la Date de fa première fondation, mais en 1276. elle était déjà Paroiffe; félon des Chartres anciens la fondatrice en était une veuve devote. Dans l’année me u- — c 10 9 ) — mentionnée elle fut entièrement brûlée, rebâtie à quelque temps de là, augmentée par Rudolphe et Otton, Ducs d’Autriche , et mife eniib en 1416. dans l’etat, ou elle eft, par Albert V., Empereur, Ferdinand IL la donna en 1626. avec le College au Clerc régulier de la Congrégation de St. Paul, autrement Barnabites. L’eglife eft grande et belle , divifée par 2 Colonnades en trois parties; fon Maître-Autel eft de plâtre, et reprefente en basrelief la chute du Diable par l’Archange Michel. Au devant de l’Autel fe trouvent à deux cotés des platines d’etaing, ou des figures font travaillées en basrelief. Les figures du Grand-Autel s’etendeht jusqu’ au Plafond du Choeur, ou eft placé l’autel, eft qui a été réparé avant quelques années à grands frais. A un des parois de coté fe trouve le tableau peint par Unter- berger, qui a été cidevant fur le Grand* Autel. On voit dans le Choeur les Tombeaux de la Maifon de Trauthfon, qui méritent d’etre remarquée. On — ( no ) — On remarque de même fuir le Portai de l’Eglife fur la place dite de St. Michel, un groupe, reprefentant St. Michel, qui tient fous fes pies le Démon, qu’il a terrafl'é. Cette flatue* comme toutes les autres font de Matthieli, et font très eftimées avec tout le Portai d’ordre dorique. Le College, bâti à la moderne, eft vafie en y comprénant furtout deux grandes et belles tnail'ons, qui y font joignantes et lui appartiennent. lAEglife et le Coüveht des Augultins. Frédéric le Beau, avec fes frères Albert II. et Otton, Ducs d’Autriche, a fondé l’eglife avec le Couvent pour les Eremites de St. Auguftin environ de l’atl 1227. En 1630. Ferdinand IL la donna *à l’ordre des Auguftins dechauflés, et fit de leur eglife celle de la Cour. Depuis ce temps s’y tiennent toutes les ceremonies de mariage et funèbres des perl'onnes de l’Auguite Famille. L’eglife - c ni).- L’eglife eft une de neuf paroifles, et a gagné fon dehors magnifique actuel en *786. Elle a quatre autels , et des tableaux remarquables* Le Maître-Autel eft peint en frefco par Maulbertfch t La voûte de l’Eglife eft foutenue par 8 colonnes très grandes. Le Vaiffeau. de l’eglife eft de 132 pies en longueur, lur 90 en largeur* et 61 et hautenr. L’efpace du Choeur a 128 piés en long, 54 en large, et go en haut. La Chapelle de Loretto, qui a été placée cidevant au milieu de l’eglife , et qui la défigura, fut transportée par ordre de l’Empereur Iofephe II. dans une grande Chapelle à part. Dans cette Chapelle on conferve depuis fon édification le coeurs de tous les Princes ec Princeffes de l’Augufte Fa-' mille d’Autriche. De l’eglife on vient dans la dite chapelle de Morts, qui a gardé ce nom de la fupprimée Confraternité de Morts, et qu’Otton — C 112 ) — qu’Otton, Duc d’Autriche a fait bâtir en 1337. pour l’honneur de St. George; et pour les Chevaliers de l’ordre de St. George. Ferdinand II. l’a donné enfuite à cette confraternité. Ici repofent plu- lieurs hommes illuftres. Oh ne veut faire mention que de deux tombeaux, de celui de Léopold comte de Daun, et de celui de l’ornement inoubliable de notre L’niverfité, le Baron van Swieten, mort le mois de Juin en 1772. Le premier eft en marbre, et filt érigé en mbnument de ce Feld-Marechal; mort en 1764. Le Portrait, et les trophées font de bronze doré. Le fécond tombeau de marbre, egalement magnifique , a été elevé par ordre de la Monarque immortelle , pour transmettre le fouvenir de ce grand homme à toute la pofterité. Le Couvent des Auguftins eft très vafte,et bien bâti 5 il s’y trouve une belle Bibliothèque, et plufieurs ouvrages des arts, dignes d’etre vus. David, frere de ce couvent, eft allés renommé par ton livre, — ( H3 ; — livre , nouvellement publié : le noveaù Mechanisme en roues) et par plufieures montres mathématiques, travaillées avec beaucoup d’artifice, efi un de plus grand* artifles de nos jours. Néanmoins il efi à plaindre, qu’on ne tire pas allés de profit de les talens , en l’encourageant à plufieures entreprifes par d’appui. L’Eglife et le Couvent des Capuî cins, avec la i'epulture impériale. L’eglife et le couvent, qùé l’Empereur Matthias avait fondé avec Anne d’Autriche, Ibn Epoufe, ne purent etre bâtis du vivant de ce Prince, et ne le furent qu’en 1622. par Ferdinand II, Ils font conltruits avec la même fimpli- cité, qui régné partout dans les batiirrens de ces Religieux. .Les tableaux des autels font de Norbert, Capucin. La chapelle , feparée de l’eglife par une fimple grille, la quelle à été fondée par la même Impératrice Anne ; eft belle. Elle a un tréfor ailes Confiderable rangé dans le plus bel ordre, et digne d’être vu pour diverfes pièces rares. Cette Princeffe H 1* rif C 114 ) — le lui a donné en gronde partie, et l'Im- peratrice Marie Therefe l’a enrichi paf quantité de chofes precieufes, qui étaient dans celui de la Cour, Le plus remarquable de ce couvent c’eft la Sépulture impériale, qui eft montrée par les moines à chaque etranger avec la plus grande affabilité. Une longue Galerie conduit entre les cercueils, renfermés de deux cotés par des grilles de fer. Au bout de laquelle on voit une Chapelle avec un autel, ou eft allumée une lampe lugubre, qui aug» mente la frayeur de ce Maufolée. A la Galerie repofe l’Empereur Matthias, mort le Mars en 1619. auprès de- fon epoufe, morte peu de mois auparavant. Mais toutes les deux eurent leur fepulture dans l’eglife du couvent royal des Clariffes, et ce ne fut qu’en 1633* qu’ils furent transportés avec beaucoup de pompe aux Capucins. Quin- -Oi5 J ~ Cinquante fept Empereurs, Impératrices , Princes et Princeffes y ont été enhumés depuis ce temps. On y voie plufieurs Maufolées fuperbes, en bronze doré et en marbre, entre lesquelà on diftingue principalement ceux de Léopold, de lofephe I. et de Charles VI., le Tombeau d’Eleonore de Neubuig, troifiè- me femme de l’Empereur Léopold, morte en 1720 fe fait remarquer par la fimpli- cité. Cette vertueufe Frincelî'e ne defi- rait pour fon tombeau qu’un cerceuil de bois. En 1703. Léopold augmenta d’une Chapelle le lieu de la Sépulture des Princes de fon augufte Maifort, et y fit pla- ter un autel à la romaine avec 6 ftaturS de marbre blanc du Baron de Strudel. On voit à coté de cet autel, un Mau- folée rond avec un dôme peint, ou entré le jour par deffus. Au milieu eft le tombeau luperbe en Compofition d’etaing, que l’Imperatrice Marie Therefe y a fait ele- Y e r pour elle et pour fon augufte epoui l an *743* H 2 Ce ~ ( n6 ) — Ce Maufolée, qui repofe fur 3 degré* de marbre, repréfente un grand tombeau quarré, au deffus du quel font à demi couchées les ftatues de Françoi* I., et de Marie Therefe, qu’un Genie couronne de l’immortalité. l’Empire romain , le Royaume de Ierufalem,et ceux de Hongrie et de Bohême, tous perfonifiés, font dans l’attitude de la douleur, aux 4 angles d u tombeau* A deux coté on a placé les cerceuils de feu l’Empereur lofeplie II., de fea- deux epoufes, et d’autres perfonnes au- guftes, mortes depuis peu de temps. Entre.ce Maufolée et l’autel il y a une Machine de bois, que l’Impera- trice Marie Therefe fit faire, pour commodément defcendre et monter du couvent à la fepulture, qu’elle fréquentait, pour y prier Dieu, et pour y verfer des larmes à la mémoire de fon epoux. L'eglife ïg: r:*r I/egfifè de la Chancellerie de Guerre fur le Hof. Le Fronton de cette Eglife, qu» l'Impératrice Eleonore fit bâtir en 1662. eit remarquable. Cet Edifice a été la Maifon de Pro- feffe des lefuites,. et dans les fiecles pre- cedens la Refiden.ee des Souverains d» l’Autriche, c’eft pourquoi la grande plaee devant ce batiment eft nommé in Cour (Hof). En 1276. cette refidence fut presque entièrement confumée par un incendie. Qttocare la : fit rebâtir, mais nç l’habita point, elle devînt hôtel des Monnoyes, en 133 6. couvent de Carmes, et donné» en 1559. par Ferdinand I. aux lefuites. Ferdinand IL en fit la Maifon de Proféré l’an 1625, Après, la diffolution de l’ordre des lefuites elle fut changée dan» la Chancellerie de Guerre , et l’eglife en paroifle. Outre la grande commodité, que tous les departemens de guerre font raüemblés dans une feule maifon, la pla- H 3 ce — ( U8 ) — ce même a gagné par cet édifice magnifique tant en beauté qu’en régularité. L’eglife eft grande, claire, et belle, decorée de plufieurs autels, et de riches ornemens d’eglife. Le Tableau du Mai- tre-autel eft peint par le Iefuite PozZo; il y en a aufli quelques uns de Sandrat et de Carappi. Le nouveau choeur et les orgues fonores font excellens. Au deffus du Portai on voit la Gai-, lerïe, ou le St» Père Pie VI. a donné au peuple la bénédiction, pendant fon fejour. à Vienne. L’eglife et le couvent des Dominicains» Le Couvent des Dominicains fut bâti d’abord pour les Templiers en H86., donnée en 1226» par St. Léopold, le Glorieux, au Dominicains, ou à l’ordre des Prêcheurs, que ce prince appella de Hongrie à Vienne. Elle fut en 1429» presque entièrement détruite par les Turcs, —' ( i»9 ) - Turcs, rebâtie par Ferdinand I. et augmentée dans la fuite par Ferdinand II. ? Son Eglife, qui a un grand frontispice orné de ftatues a été elevé par Ferdinand III. en 1Ü31. Parmi fes tableaux il y en a plulieurs de bons par Beck, Bach- man, Spielberger, Denzala, un des premiers peintres, qui ont travaillé à Vienne dans ce genre. Elle eft une de 9 paroiil'es de la ville. Claude Félicité d’Autriche, fécondé femme de l’Empereur Léopold, morte en 1676, repofe dans cette eglife; on peut voir fa tombe près de l’autel de St. Domingue, avec une infeription. L’eglife de l’Univerfité. Elle a une belle frontispice entre deux tours égalés et bâties avec goût. L’eglife eft d’une architecture elegante et hardie; la voûte fe fonde fur des Colonnes tor- fes en marbre. Toute l’eglife, avec les deux rangs de chapelles, et toutes les autres décorations font de même en raar- H 4 bre. — ( 1 * 0 . ) - bre. Tous les tableaux des autels et furtout le Dôme, peint en perfpective^ fon du célébré Architecte et Peintre, le, frère Pozzo de la focieté de Iefus. L’eglife de St. Ierome, et le couvent des Cordeliers. Elle eft une de 9 paroiffes. Le Tableau du Maître-Autel eft de Pozzo ; les autres font de Charles Carlini, Schmid l’ainé, Wagefcbon et Rothmeyer. L’eglife italienne fur la place des Minorités. Elle fut cedée aux Italiens après ht fuppredion du couvent des Minorités en. I786., qui ont orné le dedans à leu« frais avec beaucoup de goût et d’ele- gance. Le tableau du Maître-autel eft de Unterberger. L’eglife de Ste. Anne. eft dévouée aux Gymnafes et aux écoles normales* Elle n’eft pas grande* mais C 131 ) —- mais belle par fes décorations de marbre çtd’or. On y voit des tableaux de Grau et Schmid, l’ainé. La Chapelle de St. François Xavier, jointe à l’eglife, mérité d’etre vue. Le tombeau y érigé eft i'oigneufement imité de F Original à Goa. L’eglife de St. Rupert. Elle eft la plus ancienne à Vienne, ayant été bâtie en 784. félon les infcrip- tions, qui fe trouvent à l’arc de la voûte. Etant devenue caduque , c’était George d’Auersperg, qui la fit bâtir de nouveau en 1436. encore félon l’authentique d’une infcription. L’eglife de l’ordre teutonique. Les Chevaliers teutoniques font venus à Vienne environ de l’an 1200. et ont bâti une Chapelle pour leur Cora- manderie. L'eglife prefente dediée a St. Elifabet-he, a été bâtie en 1316. renouvelle et très magnifiquement ornée en [734. par le FeldmarechalComte Gui- do de Starhemberg. Sa fepulture eft H 5 dans .T- ( 12i ) — dans cette eglife, ou on voit de même plusieurs tombeaux remarquables de Grands-Commandeurs de cet ordre. — Le tableau du Maitre-autel eft de Bock. L’eglife de St. Iean Baptifte dans la rue de Carinthie. Cette eglife appartient aux Chevaliers de Malte. Le tableau du Maitre- autel eft de Schmid, l'ainé* Les autres font d’Altomonte. Outres ces eglifes il y a encore L’eglife de Cour du St. croix dans le bourg. Elle eft fimple, mais magnifique ; les tableaux font de Fetti, et de Titien, Elle eft de même la paroifife de la Cour. L'eglife du Sauveur près du Magi- ftrat. L’eglife de St. Urfule, appartenante aùx religieufes de ce nom. Elles fubfi- ftent depuis 1660., et s’occupent de l’inftruction des filles burgeoifes. L’eglife ■Ht — ( 123 ) “ L’egîife des Grecs unis fur ta place dés Dominicains. L’eglife des Grecs, dis-unis, furie vieux Fleifchmarkt (marché de chair). Elle a une tour à cloches. Le temple de la communauté evange- lique luthérienne. Le tableau de l’autel eft de Linder. Le temple des Reformés. Tous les deux temples n’ont pas leur entrée de la rùe, mais par une cour. De même ils n’ont pas des cloches. La Synagogue des Iuifs, qui ont leur école dans la rue d’etoile (Stemgafse). ParoilFes de la ville. I. St. Etienne, la Métropole. Elle eft la paroiffe principale. Son propre nom eft la curée archiepifcopale. s. La Paroiffe des Ecoffais. 3. La Paroiffe de St. Michel. 4. La Paroiffe de la Cour. Les * ( ïM ) Lies Paroiiïçs, qui y ont été jointes depuis 1783, La paroiffe de St. Pierre. — -T-p de la Chancellerie de guerre. fur le Hof. — des Dominicains. — — des Auguftins. — —t des Cerdeliers* Dans toutes les eglifes exiftentes régnent la decence, la majefté, la fblen- nité, l’ordre, et la paix; toutes les décorations mal propres, les tableaux ex voto, les enfeignes, les perches des. confraternités, les ftatues habillées des Saints etc, font otés* Audi pour la mefle on a mis meilleur ordre, favoir, qu’oe ne- dit toute demie heure qu’une feule à la fois fur le Mai- tre-autel ou un autre*, Au lieu de frequentes grandes-.mefles, qui ont été célébrées avec de la mulique comme des opéras, on a introduit le chan- fon d’eglife populaire, en langue alle- man- C 125 ) — ttiande, et félon une bonne mélodie, qui plaît principalement à bien des etrangers. Le Chrétien raifortnable va vifiter à pre- fent fon eglife de Coeur édifié et touché, il entend peut etre moins de meiTes, mais la dévotion eft paifible* et ne pas du {traite. Des Couvents dans la ville il y a 6. I Auguftins de- chauffés a Barnabites 3 Bénédictins, ou Ecoffais 4 Dominicains 5 Cordeliers 6 Capucins Des Couvents des Religieufes» I Celui de Ste, Urfule. XIV. — ( 126 ) — §. XIV. Monumens publics les plus remars quables. La colonne de bronze fur le Hof; Elle a été érigée en 1667. par ordre de l’Empereur Léopold. Elle eft haute de 42 piés, et pefe 84 quintaux. Elle eft furmontée d’une ftatue de la Ste; Vierge, auffi de bronze, du poid de 39 quintaux. Les 5 anges, placés aux 4 coins, péfent 7a quintaux. Avec le bronze des lettres des infcription l’en- femble du poid eft donc de 205 quintaux; L’idée et l’execution de cette colonne n’ont pas reufîi le mieux, et défigurent en quelque manière la belle place,* neanmoins elle ale moins coûté à la devotionU trichienne 22233. fl. A deux cotés on voit deux fontaines,- ilecorées chacune d’une ftatue en grandeur naturelle, de Matthieli» La La Çj/atle de /dj' ttérye./ier /e Jfof- - J-2.D i aute &rSeügrsten JUngfriru .ntfifrm. ffîf. \-'xS. -wui!!!» 1 ! f tâ&nf&Jk 3?Tr/m& Æ /ztr /*- (Zra&A .-sa, * H ■ ■ Jjitfc &rJ{ 2?rsÿeznù?Æéït âufde/n i?r J ~* 4ESbv " .< -: "; • ÎM 1 «.Tï» •% j ■' — ( 127 ) — La Colonne du Graben. Une Pyramide confacrée à la t, f. ^Trinité. Léopold l’a erigée en mémoire de l’heureufe délivrance de la pefte, qui avait defolé Vienne en 1Ô79* Elle eft à 3 cotés, et fe leve à la hauteür de 66 pies. Elle eft de martre blanc, et bâtie par le célébré Architecte Burnancini ; les figures y placées font du Baron de Strudel. Les infcriptions en a compofé Léopold lui même. Elle a coûté 66600. fl. Les Anges paflent pour un chef d’oeuvre de la fculpture. On raconte, qu’un certain Ambafl'adeur et connaiffeur en beaux arts y était fi épris de la perfection de ces figures, qu’il fit l’offerte, de les remplacer par trois anges de pure argent, et de la même grandeur pour ceux de marbre. Il faut que cette offerte fefoit faite avant bien des années , car pour à préfent il y a peu de vraifemblance, qu’elle fe faira. A quelque diftance font deux grandes fontaines, chacune decorée d’une ftatuo de Matthieli. La — ( 138 ) — La Colonne fur la place du Hbheh- markt. Erigée en 1729. par Charles Vl, re- prefentante les epoufailles de laSte.Viergei efl entièrement de marbre. Ce temple d’honneur efl applaudi des connaifl'eurs pour l’aifance et l’excellente invention de l’architecture ; mais les figures n’ont pas trop bien reufîi à l’egard de la proportion, et au travail de la fculpture. Là font pareillement deux jets d’eau* qui reçoivent l’eau même de Ottacrin, et qui font de marbre comme toute 1a bafe. Cet édifice élégant efl du Baron de Fï- fcher, mais les figures d’un Vénitien* Anton Conradini. Le grand Baffin fui le Neue Markt. Il fe trouve fur la place des Capucins ou à la farine. Au milieu de la fontaine efl: la prudence avec fes infignes, aflïfe fur un piedeftal rond, en femme, et eu com- \-£z &Z?nt/u — C 1Î0 ) — compoiition de plomb. Autour d’elle font 4 enfans, ferrans dans leurs bras des poiffons, qui jettent de l’eau. Les 4 fleuves de lapliis grande beauté fur le bord du bafiin, font depofés dansl’ar- fenal des bourgeois, pour les mettre à l’abri de la piuie, jusqu’à ce qu’ils foient fondus en plomb. Ces chef-d’oèuvrei fout de Raphaël Donner. §. XV. Le Comtnefcè , Eft affés floriffant dans Vienne j et les manufactures y établies , font en bon ecat. Les voici : Les fabriques; Celle d’argent haché -— de la cerufe Celles des rubans (en quantité).' Celle des fleurs *— verdgris *— du travail de Bertholdsgaden. I Celle ( 13 ° ) — Celle de baye, des crayons, des blondes, des porte-feuilles, de cremor tartari et du vinaigré, des jetons, des tabatières, des lames à epée et si fabre. du filage en fer. de la gaze. des vaifelles à cuire en fer. des éventails, de plumage, des poches à la Campagne et des miroirs à poche, des armes à feu (impériale), de baleine, de la voile. du noir de Frankfourt. des dés. des Marchandifes de galanterie, des bijoux dejouailles. du plâtre. des dentelles en or et en argent, des marchandifes en vitre, des Gands. des bords de chemife. Celle C 13 1 ) Celles des Vaiïïelles d’Hollitfch (imp), des chapeaux, de cotton (plufieures). des marchandifes en compoiition» des cratoirs. des boutons (en quantité), des houfies, de cuir. de Manchefîre. «■ des vaiffelles de Majole. des mouchoirs de Milan» de laiton» de Molton» de métal. des aiguilles» des dentelles des pays-bas» de l’huile. des boutons oreilles, des tapifleries de papier» des tabatières et des taffes en pa* pier mâché» des parofols» de papier fort. de Porcelaine (la defcription de cette fabrique impériale f* trouve à part), de Potafle. 1 » Celle — ( i3 3 ) Celle de Veloure, ’ de Salmiac» de Salpêtre, • des bijoux, des clochets. des étoffés de Soj^e (plufieures), d’efprit de Savon* des boucles. La fabrique impériale des miroirs, de marchandifes d’acier, des bas, ' de la cire d’Espagne, des tapiûeries, de tapis, de drap. des étoffés de laifte. de la toile cirée, des dentelles de fil. Une Raffiherie de fucre, Chacun de fes Fabricans a la permif- Jîon de vendre en detail. On reproche avec quelque fondement,que plufieures de ces productions n’egalent pas en perfection les angloifes et françoifes; ne pouvant pas etre demandé des fabriques, qui ne fubliftent que quelques années, la = ( 133 ) — la perfection des françoifes et angloifes, floriffantes depuis des fiecles, ou elles étaient à la portée de fe meliorer toujours , pourtant les marchandées en acier, les boutons, les rubans, celles «le galanterie, les raufielins font de la même qualité, qu’on les a reçu aupara-' vant de l’Italie et de la France. Le refte des imports le plus remarquable fournit La Hongrie. Du plomb, de la terre aux couleurs, des vaiffelles de Fayenee, du bled, du foine, du vin, tu tabac, de la laine, des troupeaux presque infinis de boeufs, des cochons, des agneaux, des poiffons, «les chevaux, de la pou- laille, La Bohème et la Moravie des granate s, du vitre, du houblon, du lin, du beurre fondu, du gibier, des draps, del’etain, du papier, La Sttjrie du fer» I 3 L’Ita- — ( *34 ) -» L’Italie des epîceries, des fruits, des limons, des huîtres, du fromage , des châtaignes, du marbre, de la Soye rude çt de l’huile. Le Tyrole des tapis, des fruits, et du bois. Les Pays-bas des dentelles, des étoffés , des draps. L’Autriche fuperieure des étoffés de laine , du bois a brûler et à bâtir, et du fel. U Autriche inferieure du fafran, des fruits, et toutes les marchandées , produites dans les fabriques mentionées, qui font exportées en grand nombre dans les pays etrangers, et dans les provinces. Le commerce des Selliers pour les pays, etrangers, qu’ils font avec les differentes fortes de caroffes, travaillés avec le plus grand goût, eft un des plus importans. Vienne renferme outre ces fabriques, et lçs arts libres et mécaniques une quan^ — ( *35 ) quantité innombrable des hommes ,. qui ont toute forte de métiers, dont la de- fcription feroit trop etendue, et qu’on trouve imprimée à part.. L’etat de commerce fe divife en commis, marchands en gros, banquiers, et marchands bourgeois. C’eft fans doute avec plailir que les etrangers entendront les noms des premières maifons , qui contribuent le plus au commerce et au débit. Les voici. Les Commis. Les heritiers de M. Jean Brandeskî. M. Jean Bouward. Henri Coït, le Comte de Friefs et Comp» François Noble de Heylmann, François Gaiiard. Xavier Klinger. Jean Luz, Ochs, Geymüller et comp. Les heritiers de M. Plattenfteiner. M. Pierre PafTy et Comp. Les heritiers de M. Michel Saliet. I 4 M. T ( ) — M. George de Scheidlein. Schwarzleutner et camp. Iofephe Segalla. Melch. Steiner et Schlofïer. Iofephe de Weinbrenner. "Weigl et comp. Les Marchands en, gros. Monfieur Nathan Arnfteiner. Baron de Brentano. Adam de Bienenfeld. Pierre de Braun. François Bertoni. Iofephe Baldauf. La Veuve d’Israël Baruch. Les Freres Baruch. M. Louis Noble de Decret. M. Pierre Noble de Decret. Les freres EIbling. M. jean le Comte de Fuchs. Les freres Nobles de Groffer, M. Auguftin Glück. Adam Noble de Honïgftein, Jean Hippenmayr. Israël Noble de Hoenigsberg. Les fils de Moyfe Hoenig. M. - C 137 ) “ M. Tenace Hadaun. Fridolin Jeny. IofepheNoble de Kurzbeck et comp. Les heritiers de Erne/te. Kiaproth. M. Frédéric Kraath. jean Muller. François Noble de Natorp, lof. Noble de Neubcrg. Matthias Nenpauei;. Jean Noble de Pathon, fous rag. Schuller et comp. Théodore de Pachner. Ignace de Pergbofer. Iofephe Robmann. Frédéric le Baron de Riegger. Ignace Noble de Schwab, Paul Sarkozy. Jaques Noble de Smittmer. Andrée Noble de Thom» Antoine Noble de Trattner. Mjchel Thoman. Guillaume Teuerlein. Çharles le Baron de Wetzlar.. Antoin Noble de Weigl. Frédéric de Weitenhüller. Les heretiers de Chrétien Walter, M. Matthias Wandrat. ï 5 M. — M38 > —' M. David Wertheimer. David Wartfeld* Le regiftre de tous les marehans bourgeois eft trop nombreux, pour etre rapporté ; on le trouve dans l’almanac de l’etat de commerce. La Bourfe* Son but eft d’ailleurs connu. Elle fut erigée en 1771. Elle eft ouverte d’onze jusqu’à une heure avant midi, et après midi l’yver de trois jusqu’à 4 heures, et de la fête de St. George jusqu’à celle de St. Michel de 4 heures jusqu’à pour tout le monde. La Polie, L'ofïice de pofte, fupreme et general de tous les pays héréditaires eft dans la Wollzeil. On y peut donner les lettres à chaque heure du jour; mais, quant au recevoir, il dépend de l’arrivée des polies. Pour une lettre fimpîe d’une demie feuille on paye dans les pays au- tri- ~ ( *39 ) trichiens 4 kr. ; dans le Tyrol, la Pologne, l’Autriche anterieure , et dans des autres pays etrangers on en paye O kr. Celui, qui va par pofte, paye pour deux Chevaux à chaque Station fimple l fl. 30 kr. ; la douceur commune pour le Poftillon eil une pièce de dis-fept, mais pour ce prix on ne va pas bien. Cet office dirige de même le carofle de Pofte, dit la Diligence. On y a auffi joint la petite pofte de lettres, qui remet toutes les lettres, les paquets, etc. non feulement dans la ville, et les fauxbourg, mais auffi dans les environs de Vienne. On trouve dans la librairie de Kurzbeck un livre de pofte, qui renferme outre un avertiflement de- taillé de tous les objects, tous les cours de pofte par toute l’Europe. §.xvi. Les Caffés, les Cafinos, les Ga-. zettes, les auberges, la con- fumption. Des premiers il y dans la ville 38» mai» iis s'augmentent de jour en jour- Celui de Kramer à la ruelle des ferruriers elb joliment garni, et très frequente par les Etrangers, le Militaire, et autres per- fonnes de diftinction. De même le caff& élégant de Milano fur le Kohlmarkt, ou on recontre la plupart des Italien*. En general, ils font tous arrangés arec goût, et pourvu, des jeux permis, et des gazettes. On y eft bien fervi, et pour ça il y a aufll toujours bien de monde. Les Billards donnent le plus grand profit. Le premier Caffetier de Vienne a été le Polonois Kolfchizki, qui faifait pendant le fiége de Vienne 1683» l’efpion et le porteur de lettres avec bon fuc- cès, pour quels fervices il pria la grâce, d’ofer établir un caffé. C’eft donc ainfi, que le premier caffé en Europe prit fon — ( i4i ) — origine à Vienne la dite année, quoiqu’on prit le premier caffé en maillons privées déjà l’an 1644. On y a les Gazettes fuivantes; ti Le Diaire prîviL de Vienne; a fols par femaine. 2. Gazette de Vienne; 2 fois par fem. 3. Foglietto di Vietna ; 2 fois parftmj 4. Gazette economique, .5. Gazette hongroife ; d. Gazette illyrique. 7, Gazette greque* Des Gazettes ptdvihcialfes. Celle dè Hrünn, — de Gratz — de Prefsbourg — de Prague. Des Gazettes fousitnpfimées. Extrait de toutes les gazettes et jour- *aux d’Europe. Le feuillet de Vienne. La — C *4* ) La Gazette d’Erlange — de Neu* \vied —- la gazette univerfelle de Litte» rature — Courier du bas Rhin, etc. Cafinos» 11 y en a plufieures en diverfes mai* fens. Celui de M. Jahn à la HimmeU pfortgaffe eft le plus frequente* Le Cafmo fait le milieu entre l’au* berge, la penfton, et le Caffé, et fert à la commodité des etrangers, de la No- bleile, en un mot, du beau monde. On y peut dejeuner, diner et fouper k table d’hote, ou à part pour des prix fixés. Pour l’amufement on y trouve des gazettes, de Mufique, et les jeux permis de toute forte, t L’iver on y donne des bals, des con* certs, des repas, etc. avec toute com* modité, fi l’hote en eft averti. Des *~ < 143 ) — Des Auberges. Il y en a deux fortes. Les unes, ou les etrangers peuvent demeurer, et avoir leurs repas. Les plus connues font celle au boeuf blanc fur le Fleifchmarkt, aux trois haches fur la Freiung, a l’homme fauvage > au griffon, à la cigne, rue de Carinthie; au boeuf d’or fur le Neumarkt, à la couronne hongroife, au Matfchaker- hof, au cerf, etc. Une chambre eft payée ordinairement fans y compter le fervice, et l’echauffage par 30 kr. par jour. Des Auberges, et des Traiteurs, ou on dîne et foupe, îl y a un très grand nombres, et les plus connus en font au corne de chaffe, rue de St. Dorothée, au Schabenrofl'el, près de la tour rouge, au Fifchhof (cour de poiffons); à l’agneau fur le haut pont, à la boule au Hof; à la^aleine la rus Krugerflrafie; chés Pi- lati au Graben; à la Mehlgrube (folle de farine); au pàon, rue de Carinthie; au lion blanc, fur le Salzgriefs ; au loup blanc fur le Fleifchmarkt; à la fainte tri- - ( 144 ) - trinité; au cerf brun prés de la tour rouge. On fe choifit l’heure du repas, qui n’eft pas fixée; et on paye de Io kr. jusqu’à un florin et de plus. Chaque met a fou prix, dû quel on peut s'informer, avant de la faire apporter. Le nombre de bierreries eft enorme, ce qui doit être fuppofé par la grande confumption afa- nuelle de 375800 féaux. Confumption. Qu’on ne peut precifeinent déterminer, comme elle change chaque année; et qu’on ne peut calculer que vraifembla- blemeht des regiftres de la douane. Des boeufs ... .........♦♦ 46,400. Des vaches ♦ . ............ 19,30b. Des veaux 71 ,40b. Des brebis ............. . 48,998. Des agneaux 146,300. Des Cochons ............ 98,800; Des cochons de lait ♦♦♦♦ 12,869; Des tnarcâflins 36,800» Dit ( *45 ) — Du vin d’Autriche.* Du vin etranger et d’Hongrie. ♦ .... De la bierre...... De la farine fine*. De la farine de moindre qualité. «... Du gruau.. Des Legumes à pois Du froment etdu bled De l’orge.......♦ De l’avoine....... Du foin ♦♦*.♦♦♦♦♦ ♦ De la paille....... Du fuif...*.«.*«» 16600I 34586 o[ 37586oj Quintaux. 267193) Sjooof 52200I J768oo iiiiiii -» ! W 3) Ifoouiin : mSi ■wt iiiiuriN' rom :s>4; :\ JMi uituim»//// - ( I«7 ) — Le Palais du Prince Adam d’Au- erfperg. Dans le fauxbourg de St. Jofephe, eft garni avec un goût extraordinaire» Le plus digne à voir eft le jardin d’yver, et le temple de Flore, par lequel on parvient à l’élégant theatre. L’ Ecurie impériale hors du Bourgthor. Ce batiment fuperbe a été érigé par l’Empereur Charles Vî. , et s’étend k plus de 600 pies. Il a outre le Rair de chauffée deux etages, et de 1’efpace pour 400 chevaux. Les depots à l’eau, et le précieux depofitoire des Selles font dignes d’etre vus. Au bout du fauxbourg de St, Jofephe vers le glacis eft le Palais fuperbe de la Garde noble d'Hongrie. Au commencement du fauxbourg Landftrafle eft le beau Palais que l'Empereur Jofephe II. fit bâtir pour les Invali- L 4 des, - ( 168 ) des , dont la fronte donne vers la ville et le glacis, et fait un ornement du beau Amphithéâtre, qui environne la ville. Ce batiment eft tout à fait inftruit comme une Caferne} il a une belle Chapelle, et dans la cour font mifes des allées. Les Invalides font habillés en blanc et rouge, et forment eux mêmes les fenti- n elles de la maifon* La Favorita, jadis le Palais d’été de l’Empereur Charles, eft un édifice fuper- be ; l’academie Therefienne fupprimée a été dans ce Palais, qui eft à prefent deftiné pour l’ecole des Ingénieurs. La maifon de la fondation Emanue- lique fur la Leimgrube eft actuellement deftinée pour l’Artillerie. Les belles et grandes Cafemes d’infanterie dans le fauxbourg des pies, au marché de bled, et les Cafemes de Ca- vallerie dans les villes de Léopold et de Jofephe, Le — ( 169 ) — La plus grande maifon privée aux fauxbourgs eft le dit Freyhaus (maifon libre) du Prince Starhenberg fur laWie- den ; elle n’a que deux etages et contient plus de 2oco hommes. Les maifons de Harrach , Choteck t Efterhazy, et Paar, avec leurs jardins font très belles. Les batirnens, qui ont été ci-devant la maifon des Orphelins de Parhamer, et où fe trouve actuellement la Commis- fion principale de l’Economie militaire, font dignes d’être vus. s. iv. Les Academies, les Ecoles, et les Jardins botaniques. JJ Academie militaire Jofephine de Mie• decine et de Chirurgie , avec /’ Hôpital. C’eft l’Empereur Jofephe II., qui a fait eriger ee batiment magnifique; i L 5 eft C 170 ) eft dans la rue de Wiihring. La partie de devant fetnble plutôt d’être un Palais de Prinre qu’un Hôpital. Le Jfrontifpi- ce a l’infcription : Providentia et aufpiciîs lmp. Cæf. Io- fephi IL fchola anatomico medico chirurgica militum vulneribus et morbis curandis fanandisque inftt- tuta omni fupellectili falutaris artis, quæ manu medetur inftructa anno R. S. 1784* Cette Academie eft un inftitut conciliant pour foi même. Elle a fes propres Profefîeurs , fa Bibliothèque , fon jardin botanique, fon Cabinet des Inftrumens, fes Préparations en cire. Elle a pour but, de pourvoir l’armée de l’Empereur des habiles Chirurgiens. Les Eleves, dont il y a 200 , ont leur uniforme , et logent dans cette maifon. Dans la bibliothèque on voit fur un pîedeftal de marbre noir la bulle frappante de l’Empereur, avec l’infcription; la — ( i7* ) — Iofephus ubiqtie fecundus hic vero primus. Le Cabinet d’hiftoire naturelle^ le theatre anatomique, excellemment placé, et bâti dans le goût des amphithéâtres romains, fe diftinguent principalement. * Il faut admirer de même l’abondance de tous les inftrumens poiîibles, qui appartiennent à la Chirurgie, et qui font le plus joliment travaillés; les préparations pathologiques, formées en cire félon la nature, et les bandages Amples et compofés. Mais tout çà furpaflent les préparations en cire dans le 5 Cabinets anatomiques, qui ont été apportées de Floren. ce, et faites par 1’ Abbé Fontana et l’A- natomicien Mofcagni. L’ameublement de ces chambres eft magnifique. La Venus , qui repofe dans un armoire de bois de rofe eil principalement remarquable. Toute la figure peut etre decompofée par pièces. Au ( 172 ) Ap fécond etage font les logis com- jhodes des Profeffeurs. 1/ Hôpital formé vers le batiment academique un quarré ouvert. Au premier et au fécond etage font les hautes et grandes chambres pour les malades*. Chaque malade eft couché feulj les lits font feparés l’un de l’autre à trois pies. L’Hôpital a fa propre Apothicairerie, fonbain, fa Chapelle, et fon traiteur, comme l’Hôpital univerfel. Il y a auffi des chambres pour les femmes enceintes des foldats, qu’on aide pour tien. Academie de Loewenbourg. Elle eft au fauxbourg de Jofephe, et deftinée pour la jeune noblefle autrichienne et hongroife. Elle eft fous la direction de l’ordre des Piariftes. La uiaifon de la fondation eft lin de* bati- tnens remarquables. L’Academie des Ingénieurs. Elle eft dans la vieille dite Favorita» ou le ïherefianum fupprimé. Elle eft fous ( i73 ) — fous la direction du Feld- Maréchal 1* Comte de Pellegrinl. Les eleves font nommés Cadets; ils font inftruits dans les Mathématiques, PHiftoire, la Phi- lofophie, l’Architecture militaire, la Phyfique, dans la langue françoife, allemande et latine, dans la danfe, 1* écriture, et les armes. Ils ont une propre Uniforme* Le Gymnafe et les Ecoles allemandes. Elles font au fauxbourg de St. Jofe» phe, dans le couvent des Piariftes et foua leur direction. Le Jardin botanique fur le Reunweg. La direction en a le Profefleur de Chernie et de Botanique de l’üniverfué, Mr, de Jaquin. Il elt tout parfait. Les Voyages de Mr. Jaquin aux Indes occidentales, et les ouvrages botaniques % publiés par lui, font l’epreuve, qu’il «il bien à fa place. Le Jardin elt ouvert pour ^ C 17 4 ) pour l’ufage des Etudians de l’nniverfi- té, aux quels on y donne aufli des colleges de fix heures et demie jusqu.’ a 7 et demie le matin. §. v. Les Fabriques impériales. La fabrique de Porcelaine. Elle eft dans la Roflau. Innocent du I'aquier, des Pais-bas, Ta érigé en 1718- L’an 1749 l’immortelle Marie Therefe l’a prife au comptes de l’Airai- re, et fit dédommager l’entrepreneur, qui avait fait banqueroute. La Monarque a depenféspour cette fabrique fuper- be quelques cens milles florins, jusqu’à xe qu’elle était parvenue a la perfection, où elle eft à prefent. L’Edifice, qui contient cinq cours très fpacieufes, et qui a outre le raiz de chauffée deux étages , mefure dans toute fou enceinte 240 toifes. An C 175 ) — Au premier etage on voit le magazîn de porcelaine, qui eft rangé avec toute l’elegance poffible, et qui eit ouvert tous les jours de g heures le matin jusqu’à midi, et de deux heures jusqu’à 6 heures lefoir pour tout le monde. Elle occupe plus de 300 perfonnes, qui font diftribuées en differentes clafl'es. La claffe des peintres eft la plus nom- breufe ; on y compte encore les broyeurs des couleurs, les emailleurs, les po- liffeurs d’or, et les tailleurs en pierre. Les modeliers et les tourneurs à blanc font fubordonnés au maitre des moules. Ceux, qui enduifent de vernis, les gardes des fourneaux, et les ouvriers en argille et en bois font fous 1* infpection de la Fabrique. Le débit des marchandifes, qui monte chaque année à plus de 100 mille florins, fe fait par l’infpecteur du magazin. Le Directeur de cette fabrique fait depuis 1784 Mr. Conrade de Sorgenthal, Confeiller de cour actuel, Directeur de la fabrique des étoffés de laine à Linz . et - ( 17* ) - et de la fabrique des miroirs à Fah- rafeld. La Fabrique a fes boutiques à Linz, Prague et Leopole. La Porcelaine de Vienne foufTre le feu le plu* fort, et furpaffe toutes les autres en durée et en blancheur. La variété des formes, le goût des defl’eins et du doré , par le quel la porcelaine de Vienne fe diftingue, mettent cette fabrique au rang des premières en Europe. On y trouve auffi une lifte des prix imprimée. Les prix des marchandifes plus fines font déterminés félon la différence de la peinture, du defiein, et de l’or. 11 y a des taffes au caffé, dont le pair coûte 30 11., et des aflïettes, dont une vient à plus de 40 florins. La fabrique imp. des fufils. Elle eft au commencement de la rue de Wiihring, et n’eft pas montrée fan* une permifiion particulière. Les — ( *77 ) Les autres fabriques des rubans, des étoffés de fove, &c. font aux fauxbourgs, ou prés de la Ligne; les plus remarquables font les fuperbes fabriques de Cotton à Friedau, Saflin, Schwechat , Ebreiehftorf. La fabrique en laiton près de Neuftadt, la fabrique des lames 5. Pottenftein, celle des miroirs à Fahra- feld, la fabrique impériale de Majolique à Hollitfch, et la fabrique du cuir angloiS à Potzneufidl. î- vr. Les Maifons des malades, et les hôpitaux. La Maifon des malades uliiverfeïle. Elle eft dans la Alftervorftàdt, ( au fauxbourg des pies) et eft le plus grand de tous les édifices publics et privés de Vienne. Au deffus de l’entrée principale dans la rue des pies on voit l’in- fcription fuivante : M Sa- — ( i7 8 ) — Saluti et Solatio Aegrorum. Iofephus II. Aug, 1784 * L* enceinte de cet édifice eft énorme, et reffetnble à une petite ville de Province. Il a 7 cours, pour la plupart garnies des allées de tilleul, 3 por* tes, et eft haut de 3 etages. Le plan à été mis pour 2000 malades, qui font diftribués en 111 chambres', outre celles pour les perfonnes, qui vont déjà recouvrer la fanté. 61 en font deftinées pour les hommes , et 50 pour les femmes. Les chambres des malades ont 2Ôpiés de longeur et 17 de largeur, tellement, que 2000 lits , dont chacun eft éloigné de l’autre de 2 piés et un demi, y trouvent allés de place. Chaque malade a fon propre lit, les médecins neceffaires , fa garde &c. Au deffus de chaque lit on voit fur le parois une tablette, r avec le nombre de la chambre, et du lit, le nom du malade, le jour de fon entrée, les médecines, la maniéré de les donner, l’etat de la maladie, et les plats , dont le malade ofe manger, L’arran- — { i79 > - L’arrangement, et la propreté font pouffes, félon le jugement unanime de. tous les connoiffeurs, au plus haut degré de perfection. L’infpection. et le directoire de tout cet inftitut à le Docteur Ferdinand de Melly. 11 y a aulïï un propre Médecin primaire, auquel plufieurs autres font fubordonnés, et qui logent tous dans la maifon; et un Chirurgien fuperieur avec tous fes fubalternes, qui ont demême leurs logis. La Maifon a fa propre apothicairîe , excellemment pourvue , un bain chaud et un autre froide. Outre l’eau, qui ell menée des montaignes jusque là, il y a encore plufieurs baffins dans les cours, dont l’eau purifie continuellement les canaux. Pour la cuifine il y a un traiteur. L’entrée dans cette maifon fe fait par q. claffes. Dans la première, ou le Ma ma- ♦ — ( *8o ) malade a fa propre chambre, et fa propre garde, on paye un florin. Dans la fécondé on paye 30 xrs. Le malade y eft traité comme dans la première, excepté qu’il n’a pas de propre chambre. Dans toutes ces deux claf- fes on pren(f toutes les fortes des maladies, exceptées les durables et les incurables. \ La 3* me eft pour les perfonnes de* deux fexes, qui font dans des fondations. Dans la 4*“' on ne paje rien; mais il faut que la pauvreté foit atteftée par le curé. D’ailleurs un maitre de famille paye pour un domellique malade 10 xr. par jour. Dans la première cour eft une chapelle, tellement fituée, qu’en peut voir 1’ autel à chaque coté par les fenetre». C’ eft ici que feu Maximilien Stoll, un des plus grands médecins en Europe donna fes colleges cliniques pour les médecins * ( i8i ) decîns et les chirurgiens. Son fuccefleur elt le Profeffor Reinlein. Pour ce college clinique il y a un propre batiment de deux etages avec les chambres des malades, les talons pour les colleges , et la bibliothèque. De g jusqu’à 9 heures font les colleges pour les etu- dians de medecine et de chirurgie , et de io jusqu’à II heures c’ eft le Profef- feur Steidele qui donne des leçons practiques, A cet hôpital eft jointe une maifon pour les accouchées, qui eft encore excellemment rangée. La fille honteufe entre par une porte dans une rue écartée; elle ofe entrer voilée, et fous un nom fictice, elle devient mere, et elle fort fans etre reconnue. Pourtant il faut qu’elle donne à fon entrée à l’accoucheur un billet cacheté avec fon nom véritable, à fin qu’on puiffe, en cas de mort, en avertir les parens. A la fortie elle reprend ce billet. M 3 L’Ho« TT or — ( i8s ) — L’Hôpital des foux Eft au bout de l’Hôpital univerfel, et nouvellement bâti en forme d’Ampbi- theatre, haut de 5 etages, dont chacun a 28 chambres. Les infpectenrs logent daDS un batiment qui traverfe le milieu de la tour. Au dedans un gallerie conduit autour des chambres de ces malheureux, les quels ou peut voir par les portes de grille. Ces créatures infortunées font bien à plaindre de ce qu’elles fortent par la perte de la raifon de la claiî'e des hommes, mais pourtant elles font bien traitées dans cette tour, qui d’ailleurs relie toujours terrible. Il n’y manque qu’un jardin, un gazon libre, qui pourroit fer- vir de promenade aux paifibles , et à ceux qui vont reprendre leur fanté; o-u ils pourroient jouir d’une air pure, La cour étroite et moite au milieu de la tour eft la feule promenade, qui ne pourra contribuer que bien peu au re- tablifîement des mélancoliques. Dans “ ( 1 ^3 ') — Dans la première clafie on paye un florin , dans la fécondé 30 xr., ceux , qui appartiennent dans la clafléde lu xr. de l’Hofpital univerfel, on laiffe entrer pour rien. Pour les pretres, qui ont le malheur, de devenir des foux, il y a de propres chambres auprès des freresde mifericorde. Ceux, qui font tout à fait paifibles, viennent dans le dit Lazareth. Infirmerie. Aux infirmeries font deftinés à Vienne le Alfterbach et le Sonnenhof, de même il y a de telles maifons à Yps et à Mauerbach. La propre deftination de ces maifons eft, de renfermer tous les malades degoutans , et ceux , que P in- fpection de l’hôpital univerfel a déclaré pour incurables, et de les oter des yeux du Public. L’Hôpital des freres de mifericorde dans la Leopoldftadt. Cet hôpital contient à prefent 114 malades, mais qui ne font pas tous fon* M 4 dés» yror *' C >84 ) ~ $és. , Dans le couvent font 65 freres de cet ordre., deftinés pour avoir foin des malades, et 5 pretres de l’ordre, qui vivent tous de l’aumône, qu’ils demanr dent tous les jours. C’eft ici que tous les malades entrent pour rien fans egard à leur religions, et qu’ils font très biei) fournis de tout jusqu’à leur guerifon. La maifon des Convalefcens des frere de mifericorde fur la Land- Itrafle. Cette maifon à été fondée en 1753 par la bienfaifante impératrice, feu Ma* rie Therefe, afin que les malades, qui ont été dans l’hôpital de la Leopoldftadt, et qui ne font plus obligés de prendre de medecine, puiffent etre feparés des autres, qui ont des maladies dangereu- fes , qu’ils puifi'ent jouir d’une air pure et falubre, et moyennant ce bénéfice regagner leur fanté plutôt. C’ çft par cet arrangement que l’hôpital dans la Léo- poldfiadt peut prendre plus des malades qu’auparavant. Pour avoir foin d’eus ü ♦ — ( *85 ) — il y a là 6 frétés et un pretre, qui vivent de même de la libéralité du Public. L’Hôpital des Elifabethinnes fur la Landftraffe. Ces Religieufes du troifiéme ordre de St. François font pour les femmes, ce que les freres de mifericorde font pour les hommes. L’ hôpital eft fondé pour ,51 malades, qui font foignées par les Religieufes avec toute l’attention poffible. I L’Hôpital des Juifs dans la Rofiau. » Il a été fondé par la famille d’Oppenheimer, et Abraham Oppenheimer le foutient richement. On y prend tous les Juifs malades, les etrangers tant que ceux du pays, et on les y pourvoit de tout. L’Hôpital des bétes et 1* ecole vétérinaire font fur la Landflraffe. L’Empereur Jofephe IL en ^ amis le fondement en 1777, pour la È formation de bons médecins des bétes. | M 5 Cet * Cet Inftitut eft fubordonné au Confeil de guerre, et la direction de l'hôpital et de l’ecole au Profelleur Wollftein , qui en- feigne l’hiftoîre naturelle avec la doctrine de la connoiflance des chevaux, leur choix pour les ditïerens ufages, les maladies et les épidémies des chevaux, des betes à corne, des brebis, et des cochons. Le Profefleur Schmidt donne des leçons practiques fur la ferrure ; l’Apothicaire Mengmann traite des Médecines, et de l’art de les préparer, et Mr. Toé- gel enfeigne l'Anatomie et la Phyfiolo- gie. Le Cours entier dure quelque peu de tems outre a ans. Les Etudians font en partie du pays, en partie des etrangers. Ce ne font feulement ceux qui vont fe faire des médecins et des chirurgiens, qui fréquentent l’hôpital et l’eco- Is, mais aufii des maréchaux civils et militaires, des ecuyersetdes économes. Tout le monde peut donner Ces chevaux dans cet hôpital , pour le payement du fourrage, et des médecines. De- — ( isr Depuis l’an 1780 il y a auffi des ecôles vétérinaires au univerfités de Prague, Pefte , Leopole , Fribourg/ Innsbruck et Gratz, pourvues des Profefleurs, qui ont' été formés dans l’ecole de Wollftein. La plupart des etrangers d’un haut rang honorent cet inftitut par leurs vift- tes. Les jeunes médecins des pays etrangers le fréquentent diligemment. Quelques princes allemands ont envoyé des eleves dans cet inftitut, et il y a à efpe- rer, que bientôt des ecoles femblables naitront en plufieures provinces allemandes. La Maifon des enfans trouvés et des Orphelins. Le premier eft dans la rue des pies, et a été érigé de nouveau avant quelques années. Il y a une taxe triple pour les enfans, qu’on y prend. La première clafie paye 27 florins ; elle eft pour les enfans des femmes, qui accouchent dans la maifon des accouchées dans une propre chambre, et podr les autres perfom. ne?, frOT’ — ( 188 ) — nés, qui veulent donner un enfant dans cette maifon. La fécondé claiTe paye 12 fl.; elle eft deftinée pour les enfans, qui font trouvés fur les rues, ou dans les maifons, ou pour les quels il faut que le maître du territoire paye. La troifiéme paye 6 fl. , et elle eft deftinée pour les enfans , dont les meres accouchent dans la maifon des accouchées félon la fécondé et la troifiéme claffe. Enfin on prend pour rien les enfans des meres, qui y font des nourrices, et les enfans des meres, qui forment dans la maifon des accouchées la 4 ente claffe. La maifon des Orphelins eft dans la rue de Wâhring, et fous la direction du Major Andrée. Outre l’inftruction neceflaire pour tout le monde , on y enfeigne encore le definer , l’arithmétique, la geometrie, l’art des comptes, les excercices, et la mufique; aux filles on enfeigne à filer, à tricotter, à coudre et des autres travaux de femme. Les garçons, qu’ on donne à des ouvriers pour apprendre un metier, relient — ( 189 ) - fient fous la direction de l’inftitut juëu qu’à ce qu’ils ont achevé les ans des apprentifs. Le nombre des orphelins fondés efi près de 418* 5. VII. Les bains chauds et froids. Le Docteur Ferro a déjà érigé un bain froid au Tabor près de l’Augarten l’an I781» qui ell encore bien fréquenté avec beaucoup d’effet. Les clofets au bain , qui fon garnis de tout ce qu’il faut, repofent fur des petits bateaux qui font à l’ancre. Le prix du bain font 40 xr. On en trouve une defcription détaillée en gr. 8- avec des planches pour le prix de i fl. 45 xr. dans la librairie de Monfieur Noble de Kurzbeck. Les bains chauds. Un d’eux efi près du Danube d’abord hors de la porte neuve (Neuthor); on prend — ( ipo ) — prend le bain dans des chambres maçonnées, dans qne cuve; l’eau du Danube eft échauffée et melée avec de la froide. Le prix commun eft de x 7 , ou de 34 xr. Il y en a aulïï au coin aigu (fcbar- fen EckJ dans la Leopoldftadt, fur le territoire d’Althan, dans la Jagerzeil, à Erdberg, et près des megifliers. Le bain aux herbes et au fouffre, qu’on a érigé Nro. 2 6 au dit Schuttel ( à la botte ) dans la Jagerzeil à la gauche , qui eft très commode, et dont la vue eft fuperbe, eft très frequente. Dans la petite rue des pies près de la ligne de Hernals fe trouve le chaud bain de Source ( Briindelbad ) et le froid bain à chute. Près de l’hôpital efpagnol, vis a vis de la maifon des orphelins, eft encore un tel bain à chute, pour l’ufage du quel il faut avoir la permiffion du Prince de Lichtenftein. s. VIII. » «• « .rr'ai-T JJ? J. r- j îjïi :2£Si*;// Lvgtïw :m rHf CZH31 : i i*»! A-ta j t3*f ■: iia LÎ! ira ; a 'l’i’-'ii bsssk /f — ( 191 ) — f. VIII. Des promenades publiques. V Angarten. Il eft dans la Leopoldftadt (ville de St. Léopold ). près d’un bras du Danube, et auparavant il a été nommé la vielle lavorita. Il renferme 164000 teifes quarrées. C’eft l’Empereur Jofepbe II» qui lui donna la figure magnifique, qu’il a maintement ; c’eft lui, qui a changé ce jardin à peine viflté avec beaucoup de frais dans une de plus fuperbes promenades. Il fit mettre des nouvelles allées, allonger les vielles, et préparer des falons pour diner , avec des chambres aux refraichill'emens, et pour embellir ce jardin encore de plus, il fit eriger une terraffe , la quelle donne du bout du. jardin aux contrées très éloignées. Il le deflina déjà l’an I775 pour un endroit de divertifferrent public, que quiconque ofe fréquenter à chaque heure —Ci 9 2 ) re du jour fans toute gene. Sur l’entrée au milieu dans l’avant - cour du jardin on lit ces mots : Endroit de divertiflement dévoué à tous les hommes par leur eftimateur. Les fiacres n’ofent pas entrer dans cette avant - cour; il font obligés d’arre- ter hors des portes. Les propres équipages et les carofi'es de louage vont jusqu’à la porte du jardin, ou jusqu’à l’entrée du Salon. L’édifice magnifique, qui renferme deux Salons magnifiques, et plufxeures chambres élégamment garnies, avec les batimens à coté, ont été cédés par la libéralité fuprème au traiteur Jahn. Tout l’ameublement eft très beau et net; on y peut dîner et fouper feul ou en compagnie pour des prix fixés. De même on y trouve pour le moment du Caffé, du Thée, du Chocolat, &c. Les tarifées des — ( 1 93 ) — des prix font affichés aux parois des Talons et des chambres. Le Plafond du falon pour dîner, que l’Empereur Jofephe IL fit peindre par le fameux Pozzo eft particuliérement remarquable. Ayant paffé 1’édifice, on voit à la droite la fimple maifon champêtre du défunt Monarque avec un petit jardin de fleurs, de la quelle on fur- voit l’Augarten , et tout droit dans le» allées, qui ont été formées à des miles par les forets au delà du Danube. Pour defendre ce jardin contre les inondations du Danube, ce Monarque le fit entourer d’une digue à frais énormes^ La foret de Brigitte. On y parvient par la Leopoldftadt Sur le chemin de l’Augarten. Le bocage eft charmant; il y a une eglife, une maifon de chafle et une auberge ; elle n’eft éloignée de la ville que d’une demie lieue. Le premier dimanche, après le jour de Brigitte on y tient la fête N d’egli- *“ < *94 ) — d’eglife, et, s’il fait beau ce jour là, une foule immenfe s’ y rafiemble. Le Prater* Avant que l’ami des hommes, Jo* fephe II., lit ouvrir le Prater, et qu’il fit de l’Augarten une fi belle Promenade^ alors des promenades et des endroits de divertiflemçnt commodes et qui auroient été tout près, manquèrent à cette Capitale. C’ eft alors que les etrangers eurent le droit de dire, que les amufetnens champêtres coûtaient bien à Vienne. A prefent cètte plainte ferait mal fondée , car c’ eft le feul Prater qui fuffit pour donner aûx Viennois des amufe» mens variées pour peu d’argent. Il faut qu’un etranger et tout ami des hommes foit enchanté, de voir tant des hommes contens, et occupés de tant des di- vertiffemens. En même temps on peut s’y former une idée de la population de Vienne, et nullepart on fauroit mieux apprécier le goût et le charactére national. Le (V.™ b «* (■piü.f •xï kA • w'Îüki '■?■ ri,;i M» > 3 <• a i Le Prater, qui tient fon nom proi bablement du Prado efpagnol, s’étend le long d’un bras du Danube à une demie lieue. Au milieu de cette belle foret il y a une quantité des maifonettes de bois, joliment érigées et peintes en dedans, avec des quilliers, qui aparti- ennent aux hôtes, et qui font difperfé* presque par tout le Prater. Autour de ces huttes entre les arbres ell une quantité inorme des tables et des bancs, qui font les dimanches tous rqmplis des hommes. Les cris des enfans, les mn- liques, les differens jeux , le chanter et le rire, la multitude, le fourmillement de quelques milles des hommes, la quantité des caroffes, qui arrivent et qui partent, tout cà donne un coup d’ oeil pittoresque. Les etrangers nous reprochent toujours,que nous ne faurions pas goûter quelque plaifir, fans voir préparé le buffet, mais on pourra fe convaincre par un peu d’attention, qu’ils ont au Prater comme partout le même appétit que nous autres •t qu’ils ne refufent pas de boire et de N 2 man- — ( i9 6 ) manger leur portion. En vérité c'eft drôle, de vouloir reprocher à une nation, qu’elle jouit des richefies de la patrie. Stuwer donne fes feux d’artifice fur Une place deftinée pour ce fpectacle. S’il fait beau , une foule inombrable s’y trouve, et pour un feul fpectacle, qui dure communément trois quarts d’heure, il fait la recette de 4 à 5000 florins. Les jour du feu d’antifice toutes les avenues par la foret font illuminées. Les etrangers font étonnés, de n’obferver que de l’ordre, de l’harmonie, et de decen- ce entre ia mille hommes des clafies fl differentes, et qui fe trouvent raffemblés de nuit dans une foret. Ici toute différence de rang difparait ; la noblefle fe confond avec le peuple, et le Monarque lui même fe trouve quelquesfois avec la famille impériale fans fuite, et fur par l’amour de fes fujets au milieu de fon peuple, et participe de fes plaifirs. L’entrée au feu d’artihce fe paye par 20 xr., ce qui produit qu’il n’y viennent que les meilleures clafles du Public, Une c m ) — Une allée, longue d’une demie heure, c’eft adiré, de 2500 toifes, conduit au dit Lufthaus Çmaifon champêtre) qui a deux etages, et qui eft ouvert toute l’année pour l’amufement du Public. Les Galeries , dont il eft entouré, donne fur le Danube et fes contrées, ce qui eft un coup d’oeil charmant. 11 y a aufli un traiteur, qui fournit tout ce qu’on demande. C’eft ici que le beau monde eft raffemblé et qu’ on voit les plus belles équipages, parcequ’ on n’y peut pas aifement venir à pied. Dans les mois chauds cette allée eft arrorée. Tous les 200 pas, eft une pompe. Le Prater eft toujours ouvert, et on ne pourrait pas même le fermer. On peut donc y entrer, et en fortir à fon gré, et y reftcr tant qu’ on veut. « N 3 5. IX* — ( 198 ) — S» IX. Les Théâtres. Le Combat des be- tes. Les falles à danfer. Le Theatre dans la Leopoldjîadt . Le Theatre a troi* etages. M, Ma- rinelli l’a tout à fait bâti, et joliment garni. Il a un bon Orcheftre, et la compagnie, qui eft richement et ponctuellement payée, eft bonne pour des acteurs comiques. Le plus connu de cette compagnie eft M. la Roche, qui joue le rôle du plaifant, nommé Cafpar, qu’ on aime tant à voir, et qui a vraim- tnent les dons de la nature pour ce cha- ractere ; il n’ eft ni fans talens ni fans mérités. Les jugemens des etrangers fur ce theatre font très differens, queL quesuns font même trop rigoureux. Pour la plupart on s’y amufe, et on prend ce fpectacle pour ce qu’il doit etre.* — une variété pour la meilleure clafle du Public, et un delaffement de la populace. La maifon fourmille presque toujours. Le ( 199 ) — Le Theatre fur la Wieden dans la maifon du Prince Starhemberg. Il n’a que deux etages, ruais il eft de même bien joliment garni. Il a fon bon orcheftre, et la compagnie donne des opéras et des comédies avec bien d’approbation; l’epreuve en eft, qu’il eft tant fréquenté. Le Theatre dans la Jofephftadt. Il a 3 etages f mais 1* efpace pour les fpectateurs eft du refte très étroite. Les Ballets font paffables, et on aime à les voir. Le Theatre fur la Landftraffe. Il eft fitué dans une rue, qui eft un peu trop éloignée de la ville; c’eft pourquoi un Entrepreneur n‘y pourra jamais faire fa fortpne. N 4 -r- ( aoo > —■ L’Amphithéâtre-pour le Combat des bétes. Tl eft fitué hors de la porte de The- refe , au - delà du Danube, près des megiiïiers. Il a trois etages; il eft joliment bâti, bien rangé, et baillé à ferme. Ce fpectacle commence au primtemps, et eft continué jusque vers la fin de l’automne. Il fe donne les dimanches et les jours de fête; il «ommence à 4 heu« res et demie, et dure jusqu’environne 7 heures. 11 eft bien frequente. Les Salles à danfer. .> Elles font les fuivantes: au bouc noir fur la Neuwieden : à la lune près du jardin de Schwarzenberg: au Sptrl dans la Leopoldftadt : à la porte verte dans la Roflau : au brebis fur l’Oberneuftift: au Faijan dans la Leopoldftadt près du pont. Toutes fes falles font joliment garnies, et illuminées avec des girandoles. Aux temps permis on y donne manque publique} on y mange et boit. §. X. Si as; «;V‘. fli VV Forçai! É «§« .A « • » ; ’ *, >> v «. f ! J ii| | fraira: jii93' ‘S'!s3l ■flliiaa' >' 1*1^ 'A8W?W 'fe*s ; ' ' • errj s*v<: 351 3 V — ( 201 ) — s. X. Defcription des châteaux incp. hors des lignes. La defcription des endroits d’amu- ment fréquentés par les Viennois, qui font hors des lignes, ferabicn-venue aux etrangers. Il faut obferver, que les carolTes font obligés de payer 3 xr. pour chaque cheval. Les Carofles des Ambaffadeurs font exeeptés. Ce payement eft très jufte; car celui, qui a l’argent pour aller en carofle, doit contribuer à l’etat pour la réparation des chemins. Le chateau imp. à Schônbrunn. Il eft fitué à une petite heure de la ligne de Vienne, et fa périphérie eft à peu près de deux heures. C’eft un des principaux endroits d’amufement. Le chateau eft d’une grande etendue, et les ameublemens majeftucux et du dcr- N 5 nier b CrJarzct' _ SPag. — ( 202 ) - nier goût. Tout y répond à la Ma- jefté des perfonnes, qui y refrdent. t On voit dans le jardin tout ce que l’art a produit dè grand: des allées régulièrement mifes, ouvertes et couvertes, des boccages, des Statues de marbre blanc, des fontaines, des grottes, des ruines, des terraffes, des labyrinthes , des cages , &c. Sur une colline eft le magnifique Gloriet avec des Colonades. C’eft d’ici qu’ on a la plus belle vue fur le jardin, la ville de Vienne, et fes environs étendus. Des deux cotés eft la foret, par laquelle les chemins s’entortillent. Dans ce boccage fombre eft la fource de l’eau fraîche et cryftalline, de laquelle Schôn- brunn a pris fon nom. De l’autre coté du jardin eft la ménagerie, qui eft très remarquable par. les batimens pour les bétes. Let !&•'» * '•vï<3 (■:. • .■: r V ! s£iiG! &>#■» ; *?•' -, — Cette manière d’agir répond exactement à 1’ efprit du grand homme , auquel ces Elifées appartiennent. *) Pour *) Le poflêffeur d’un tel entroit n’eft il pi* excnfable , s’ il ne laide entrer que ceux qui Ontuft billet? Neanmoins plufieures defcrip- tions de voyage fe font exprimées bien in-, décemment contre les proprietaires de telles maifons champêtres. Je trouve fingulier , que les, etrangers tachent tant d’anoblir le mot d’etranger , comme s’il contcnoit en meme temps le noble - le digne - le honnete, quoique bien des hommes indignes , bas , fans mérité et de peu d’importance s’introduifent fous ce nom. Si 1’ etranger eft un homme de mérité , il faura partout fe procurer 1’entrée pat des recommandations. Ce n’ eft pas à Vienne comme a Jena bu dans des autres villes de V empire, 'ou en 4 ou 5 femaines arrive un couple d’etrangers; chés nous leur nombre eft extraordinaire, comment un portier lude les poutroit - il connaître ? Comment pourroit-il leur permettre l’entrée pour le feul nom d'etranger ? 11 feioit bien trille, s’il falloir la permettre à tous, les etrangers, e» i le maître du jardin, qu’ il avait mis pour fon plaifir folitaire . ne pmivoit pas Je promener dans une alice, fans etrç obfervé dans !’ ombre de fes arbres par un etranger fatyri- que, O ( aïo ) — Pour venir à Dornbach il faut paffer par Hernals, où on trouve le Calvaire et, le faint fepulcre , érigé félon le modèle de Jerufalem. 11 n’y a rien de remarquable, mais dans le carême, principalement quand il fait beau, cet endroit eft très fréquenté. On y va pour la plupart pour voir et pour etre vu. Il faut donc avertir les etrangers de ne pas en juger de la dévotion de Viennois. Les que, et de donner des ridioules dans une defenption de voyage. Ce font les railleries des etrangers , qu'ils ont pouiTées dans leurs deferiptions de voyage j'usqn’à etre devenues dégoûtantes, qui ont produit cette annotation. On cache foi- gneufement, ce que pourroit donner ^de l'om- trage a une autre nation, mais chès nous on cherche, on publie tout ce que nous pourroit rendre ridicules ou meprifables. Pour la plupart Ces écrits ont des pères etrangers, mais quelquefois même des hommes du pays s’y laidcnt engager pour gagner leur pain quotidien. ï i . •«sjrM'J • fc *" r A •• 1 - m» 1 i I , f itlAHi -'* • -?*!»&**• ' I — ( 2U ) — Les autres endroits d’amufement font: Burkersdorf. Kalkspurg. La foret entre les Hütteldorf. Breitenfurt- ponts du danube. Mariabrunn. Le Brühl. Kahlenberg. Hadersdorf. Giefshübel. Wahring. Mauerbach. Moedling. Doebling. Weidlingau. Nusdorf. Baaden. Petersdorf. Klofterneuburg. Tous des endroits agréables , fitués au milieu des forets, et pourvus des promenades les plus belles. A Hadersdorf il faut regarder le monument de Loudon , ce héros inoubliable de l’Autriche, qui eft érigé dans le jardin du chateau. On peut aller en carofle de la ligne à une lieue pour 3 xr. qu’ on paye par tête; une commodité, qu’on ne trouvera pas facilement d'ailleurs. Un des endroits les plus agréables eft le Kahlenberg, ou le mont chauve, dont la vue eft fuperbe. Il eft devenu re- O z nom- — ( ÛI2 ) — nommé l’an 1683,. parceque c’eft ici que l’armée chrétienne, furvenue pour la délivrance de Vienne, attaqua le camp des Turcs. On y monte par les vignobles ; à pied on y parvient dans une heure. La vue de cette montaigne eft romanesque. On voit non feulement toute la ville de Vienne, avec tous ces environs, mais 1’ oeil atteind encore une partie de T Hongrie et de la Moravie, dont les montaignes paraiffent bleuâtres. Les dimanches on y trouve comme partout une bonne compagnie; il y a aufii un traiteur. Vis à vis de cette montaigne eft lé Leopoldsberg, la montaigne de St. Léopold. Sur fon fommet eft un chateau > que jadis faint Léopold habita. Èlle eft encore plus haute que le Kahlenberg, et par confequence fa vue eft encore plus belle. Il faut une heure, pour parvenir de l’une montaigne fur l’autre. Le Danube pafie tout près du pied ; le pre- ci- — ( 213 ) cipice eft effroyable, et la montaigne eft de ce coté fi haute qu’on peut à peins difriaguer à oeil nuds les bateliers fur les bateaux, qui pafi'ent. Wahring — Nusdorf—Doebling — où il y a des jolies falles à danfer, ornés des girandoles , font bien frequentes les Dimanches et les jours de fête. Baaden , un endroit bien amufent, à trois lieues de Vienne, fameux par les bains minéraux , et très fréquenté par ceux, qui prennent le bain, maïs encore plus par diverfes compagnies, qui y viennent par plaifir. On y trouve les jardins les plus beaux, des promenades charmantes , des jeux , des vues fuperbes, un Cafino bien garni', et un Theatre. De même font remarquables les châteaux et les jardins du Comte de Ko- benzl, de T ümbafl’adeur de Rufiie , 1« P Frin- — c 214 ) — Prince de Gallizin , près du Kahlenberg et celui du Prince de Starhemberg à Erlaaj mais on n’y entre qu’avec des billets , qu’ il faut chercher auparavant. v* : .-w- ^L_f ! ~il ' ^ ■’.Vi' *.;. #?<*=• 'Ss *g 3ï* «**SS? J"‘A* ?«8S i->.i ryÿÇ«t :/*>■■. «cfîr- t?-Jh3 tfvK5> mm JW3ySfc>ÿii £•« -f / j t"* *ï?&îr :..^V" > riWJj-*?, 3* ■*:>•'>■*'.. J ?ite' •v y*?" :t*£i s&k ijK>v-&7£ t, ':rfr •!SJSS ï'ÇÿK gfc*Af;3 •tiîîvNi ?£&&&$* isæïfc •ifr.V •• *--w* è . T* '. : X ? tffÿ». j r, .. f -uht y V>-? - >■■■-.% .4 « r ^; .4,-r ' • ; . f ■> : .• -.v> - a \ *■ 1 - / x -*i V - y 'J^îîw.n• '-> . k >*i.. 4 «'K v-V i<" s. *-*? s.,;, v^;>;*■ . ! «a**#*